Guillaume de Tonquédec et ses camarades passent un peu à côté de "La Vraie Vie"

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 04/10/2017 à 17H48, publié le 03/10/2017 à 13H27
"La Vraie Vie" au Théâtre Edouard VII

"La Vraie Vie" au Théâtre Edouard VII

© Emmanuel Murat

Guillaume de Tonquédec fait sa rentrée dans une nouvelle comédie douce-amère de Fabrice Roger-Lacan (l'auteur de "La Porte à côté" avec Edouard Baer), mise en scène et également jouée par Bernard Murat. Malgré une distribution de qualité, on passe un peu à côté de "La Vraie Vie" au Théâtre Edouard VII.

La note Culturebox

3
3/5
Pierre (Guillaume de Tonquédec) réaménage son salon pour recevoir le prof de philo qu’il a porté aux nues dans sa jeunesse. Florence, sa femme (Léa Drucker), qui a annulé un déplacement professionnel à Lisbonne va être témoin de ces retrouvailles. Retrouvailles qui vont, bien sûr, ne pas se dérouler comme l’espérait Pierre.

Mentor

La pièce démarre plutôt bien. On comprend cette joie mêlée d’appréhension de Pierre à l’idée de retrouver un professeur référent, une sorte de modèle de ses années lycée. Celui qui a su, à l’époque, le mettre en valeur et qu’il ne veut surtout pas décevoir aujourd’hui.  
Reportage Marie Bérrurier, A.Recouly, G.Gheorgita, E.Truchat

Alors le voilà cherchant fébrilement à dissimuler ce qui pourrait apparaître, aux yeux du prof, comme les stigmates d’une vie banale : la plante verte, la photo avec sa femme, les livres faciles de sa bibliothèque,
 
D’où sa surprise en voyant débarquer l'enseignant en question dont il découvre bientôt que sa vie est un vide abyssal. Joué par Murat lui-même, le professeur est accompagné d'une jeune femme enceinte (Alka Balbir), qu’il a sauvée du suicide et à laquelle il s'accroche comme à une bouée. 

Vie rêvée et vie réelle

Le thème intéressant de "La Vraie Vie" tient au décalage, qui existe chez tous les personnages, entre cette existence dont ils ont rêvé et la réalité morne dans laquelle les ont trop souvent englués les années qui passent. Mais tous ces fils, toutes ces pistes ne mènent finalement pas très loin et peinent en tout cas à s’entremêler.  Il y a Florence, l'épouse, qui s’en veut d’avoir détourné les yeux d’un enfant qu’on lui a proposé d’acheter sur un parking, elle qui n’arrive pas à tomber enceinte. La mère de Pierre (Anne Benoit dans une prestation muette assez drôle), pas si folle que ça, cherche à lui révéler qu’il est le fruit d’une passion extra-conjugale qui la fait encore vibrer. 

Les comédiens dont Tonquédec font le job, mais ne vont pas plus loin que le minimum requis. Dans "La Vraie Vie", seule Léa Drucker donne une dimension touchante à son personnage en mal d'enfant.