"Acting" : la leçon de théâtre de Niels Arestrup et Kad Merad

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/10/2016 à 11H10
 Niels Arestrup et Kad Merad dans "Acting"

 Niels Arestrup et Kad Merad dans "Acting"

© Bouffes Parisiens

Xavier Durringer réunit Niels Arestrup et Kad Merad dans une pièce attachante qu'il a écrite et qu'il met aussi en scène. "Acting" est une leçon de théâtre, en soi ce n'est pas très original, mais qui se passe en prison... On est déjà plus intrigué.

Car Durringer aime le mélange des genres, sa leçon de théâtre il la situe dans un espace clos, confiné : une cellule de prison.
 
C'est là que déboule Robert (Niels Arestrup), sombre et un peu inquiétant, qui se retrouve à devoir cohabiter avec Horace le taiseux (Patrick Bosso) et Gepetto, un petit délinquant extraverti, attiré par les paillettes (Kad Merad).
 
La crainte et la méfiance vont se dissiper lorsque Gepetto découvre que Robert est metteur en scène. Une aubaine pour lui, qui rêve de devenir comédien.
 
Avant même d'apprendre pourquoi ce metteur en scène en est arrivé là, nous voilà plongés dans une prenante promiscuité.  
Une leçon de théâtre en prison mise en scène par Xavier Durringer

Une leçon de théâtre en prison mise en scène par Xavier Durringer

© Bouffes Parisiens

La confrontation Niels Arestrup-Kad Merad

Niels Aresdtrup et Kad Merad viennent d'univers totalement différents. Arestrup parfois difficile est un grand du théâtre (on se souvient notamment de "Diplomatie" avec André Dussolier). Kad Merad, lui, est un acteur populaire du grand écran.
 
Duringer orchestre la confrontation de ces deux personnalités qui ont déjà une complicité née dans la série "Baron Noir".
 
Robert-Arestrup va se prendre au jeu. Le metteur en scène qu'il est dans l'âme voit dans Gepetto une personnalité à modeler, sans s'arrêter au fait que les références de Gepetto sont Scarface, Bruce Lee et "Plus belle la vie".

Hamlet fait tomber les murs

L'ambiguité intéressante de la pièce c'est qu'on comprend vite que ce n'est pas le Gepetto en lui-même qui intéresse Robert mais son désir de jouer. Il se laisse prendre à un certain talent qu'il décèle chez lui. Et peu à peu le théâtre va offrir un échappatoire, une délivrance. Hamlet fait tomber les murs et permet d'imaginer renouer avec la société.
 
On ne vous dira pas comment les choses évoluent, d'une manière à notre avis exagérément radicale et qui tue un peu la légéreté, les instants de drôlerie inattendus qui sont dûs autant à la qualité d'écriture de Duringer qu'à la qualité des acteurs.
 
Patrick Bossot dans un rôle muet finit par incarner le public et nous force à travers ses yeux à affuter notre regard.
 
Mais évidemment c'est la confrontation d'Arestrup et Merad qu'on retiendra : Merad dont on retrouve le côté gamin et la réelle ingénuité qu'il avait dans ses duos avec Olivier Baroux ; Arestrup ne surprendra pas ses fans, il a toujours cette présence qui en fait une véritable bête de scène.

Interview : Nathalie Hayter