Rencontre avec Michel Jonasz : "Notre survie, c'est la fraternité"

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/10/2017 à 17H38, publié le 07/10/2017 à 17H28
Michel Jonasz face à Estelle Colin

Michel Jonasz face à Estelle Colin

© France 2 Culturebox capture d'écran

Michel Jonasz est à l'affiche du théâtre La Bruyère avec la reprise de "Les Fantômes de la rue Papillon", écrite et mise en scène par Dominique Coubes. Un jeune fantôme, un arabe de 20 ans (Eddy Moniot) qui vient de tomber victime d'une bavure est accueilli dans l'au-delà par un vieux spectre, (Michel Jonasz), mort pendant l'Occupation. Une rencontre tendre et pleine d'humanité va s'en suivre.

"Les fantômes de la rue Papillon" est une pièce qui tombe politiquement tout à fait à propos. Elle met en scène deux victimes de l'arbitraire. Un jeune Arabe de vingt ans est victime d'une bavure policière en février 2017. Tout juste mort, il rencontre un vieux Juif victime quant à lui des nazis, il a perdu la vie au même endroit mais bien longtemps avant, le jour de la rafle du Vel d'Hiv, en juillet 1942. Entre les deux hommes se noue une amitié post mortem qui se joue des préjugés.

Humanité et tolérance, des valeurs que Michel Jonasz a toujours défendu, que ce soit au théâtre, au cinéma ou dans ses chansons. Malgré le succès, Michel Jonasz ne se sent pas être une star et affirme que c'est le rock'n roll qui l'a mené à la chanson et à la scène. Il l'explique dans cette rencontre avec Estelle Colin de France 2..

Reportage : E. Colin / F. Bazille /  A. Fajon / D. Chevalier
Le thème du judaïsme traverse l'oeuvre et l'activité de comédien de Michel Jonasz. Lui-même Juif hongrois, il a perdu son grand-père pendant la Shoah et plusieurs autres membres de sa famille sont passés près de la disparition. Même si l'artiste est né quelques années après le conflit (en janvier 1947), le souvenir de ce grand-père est tellement prégnant dans la famille qu'il lui a consacré une pièce de théâtre dont le titre est le simple prénom de cet aïeul : "Abraham".

Michel Jonasz a joué aussi dans "Le tango des Rashevski" et "Le testament d'un poète juif assassiné" et à la télévision "J'étais à Nuremberg" qui, tous d'une manière ou d'une autre évoquent la Shoah. En chanson, Michel Jonasz a notamment écrit et chanté  "Hans Muller" qui s'adresse à un officier nazi. 
L'affiche de "Les Fantômes de la rue Papillon"

L'affiche de "Les Fantômes de la rue Papillon"

© DR

"Les fantômes de la rue Papillon"

Pièce écrite et mise en scène par Dominique Coubes
avec Michel Jonasz, Eddy Moniot, Judith Magre
au théâtre La Bruyère jusqu'au 14 janvier 2017