Régions : le spectacle vivant redoute un retrait de l'État

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/12/2013 à 13H47
Un spectacle de danse de l'Ensemble de l'Abrupt et des percussions de Strasbourg (chorégraphie : Alban Richard), à Montpellier (23 juin 2013)

Un spectacle de danse de l'Ensemble de l'Abrupt et des percussions de Strasbourg (chorégraphie : Alban Richard), à Montpellier (23 juin 2013)

© Pascal Guyot / AFP

L'État est-il en train de se désengager du spectacle vivant en région ? Les organisations professionnelles du secteur ont voté à l'unanimité (moins une abstention) une motion exprimant leur inquiétude sur des dispositions adoptées le 12 décembre par l'Assemblée nationale en matière de délégation de compétences de l'État.

Le texte ouvre la possibilité pour les collectivités territoriales d'obtenir une délégation de compétence pour la culture. Mais "il est prévu que cette délégation se fera sans transfert de personnel", indiquent dans un communiqué publié lundi les professionnels du secteur, qui craignent "une suppression des emplois correspondants dans les services de l'Etat en région, ce qui rendra irréversible l'abandon de compétences par l'Etat".

L'Etat est présent en régions à travers les Drac (directions régionales des affaires culturelles). "L'engagement fort de l'Etat en faveur du financement de la culture a entraîné depuis une cinquantaine d'années celui des collectivités territoriales", rappelle la motion. "Ce double investissement et le dialogue permanent de l'Etat, par le biais de ses services déconcentrés, et des collectivités territoriales, ont consacré la place de la culture dans notre société", poursuit la motion, adoptée lors du Conseil national des professions du spectacle le 19 décembre.

Un appel à "limiter la portée" des mesures envisagées
Alors que des régions réduisent leur financement de la culture, comme la région Lorraine (-14,7% en 2014), le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) craint un désengagement de l'Etat.

La motion demande au Parlement "de limiter la portée des dispositions envisagées", au "gouvernement de réaffirmer que l'action de l'Etat dans le domaine culturel revêt un intérêt national" et à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti de "s'engager sur le maintien des services déconcentrés de l'action culturelle".