Pour Laurent Pelly, "La Cantatrice chauve" est "Un Jacques Tati Hard"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/06/2015 à 19H27
Laurent Pelly, en 2012, devant une affiche de MacBeth au TNT

Laurent Pelly, en 2012, devant une affiche de MacBeth au TNT

© PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI/MICHEL VIALA

Le metteur en scène Laurent Pelly, qui codirige depuis sept ans le Théâtre national de Toulouse avec Agathe Mélinand, y créera en mars 2016 "La Cantatrice chauve" d'Eugène Ionesco. "J'ai une prédilection pour cet auteur", a confessé Laurent Pelly, qui monte du 3 au 26 mars sa 4e pièce du dramaturge franco-roumain.

"Car il est grave mais aussi d'une drôlerie incroyable", a-t-il ajouté lors de la présentation de la saison 2015-16. "La Cantatrice chauve" a fait naître il y a plus d'un demi-siècle le théâtre de l'absurde. Mais "que reste-t-il de l'absurde aujourd'hui", se demande le codirecteur du TNT. L'ambition est de replacer cette "comédie de la comédie dans un monde proche où nous puissions nous reconnaître". "Des tas de choses sont de plus en plus délirantes", souligne Laurent Pelly, qui compare "La Cantatrice" à du Jacques Tati mais "beaucoup plus hard".
Interview de Ionesco
Parmi les 34 spectacles qui seront montés en 2015, contre 37 en 2014 en raison d'une baisse des subventions municipales, Laurent Pelly créera également "Masculin Féminin Variations" (6-24 octobre), une "mise en perspective" du film de Jean-Luc Godard de 1965 intitulé "Masculin Féminin". "C'est une photographie instantanée de ce qu'est la jeunesse en 1965 qui va  jeter des pavés trois ans plus tard", raconte Laurent Pelly. Film emblématique de la génération yéyé, où apparaissent les Chantal Goya, Marlène Jobert et autres Jean-Pierre Léaud, l'oeuvre sera revisitée à l'aune de la jeunesse d'aujourd'hui, avec quelques portraits de personnages qui ont maintenant l'âge qu'avait Léaud en 1965 : 21 ans.

Autre actualisation, le metteur en scène Christophe Bergon créera "Sur une île" (21-29 janvier), un spectacle inspiré du massacre d'Utoya en Norvège où en  2011 un extrémiste de droite avait tué 77 personnes. Se voulant un "portrait de l'Europe contemporaine", "Sur une île" a le "souci de révéler cet état tendanciel de l'Europe: un espace de plus en plus réactionnaire obsédé par des invasions imaginaires", explique l'auteur, Camille de Toledo. 

80.000 personnes ont fréquenté le TNT en 2014-15, dont 9.000 abonnés.