Philippe Torreton : un Cyrano de Bergerac maniaco-dépressif à Rennes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/02/2013 à 15H36
Si la cape et l'épée ont disparu, le nez de Cyrano est toujours là...sa verve aussi

Si la cape et l'épée ont disparu, le nez de Cyrano est toujours là...sa verve aussi

© France 3 Culturebox

Philippe Torreton reprend le Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand sur la scène du Théâtre National de Bretagne à Rennes jusqu’au 16 février. Dans une mise en scène très moderne de Dominique Pitoiset, sans cape ni épée, le comédien incarne un Cyrano truculent mais bipolaire.

Bien sûr, il est difficile de ne pas voir le clin d’œil que cette actualité artistique provoque involontairement. Gérard Depardieu et Philippe Torreton étaient voilà quelques semaines opposés sur le dossier de l’exil fiscal. Les voilà réunis par Cyrano de Bergerac, un personnage que Depardieu incarna magistralement au cinéma dans un film de Jean-Paul Rappeneau et qui lui valu en 1990 le prix d'interprétation à Cannes, puis le César du meilleur acteur.

Le "Cyrano de Bergerac" de J-P. Rappennau avec Gérard Depardieu- Tirade des Non-Mercis

Nul doute que dans les interviews qu’il va donner, Philippe Torreton sera questionné sur cet épisode de l’exil fiscal.
Alors oublions-le pour parler de la pièce et du rôle. Dominique Pitoiset était de son propre aveu plein d’a priori sur Cyrano : "Cette pièce, avec ses duels, ses références, toutes les images qui lui collent à la peau, me paraissait très poussiéreuse" raconte t-il. Mais à la relecture, il a découvert des choses magnifiques et jubilatoires. Le metteur en scène voit en lui, et cela peut surprendre, toutes les symptômes d’un maniaco-dépressif : "Cyrano fonctionne par ruptures et par cycles. Il manifeste, tour à tour, un appétit boulimique pour les mots, pour les paroles flamboyantes, pour les prises de risque, et une profonde mélancolie, une nature traversée par des humeurs sombres. Je trouve cette mélancolie absolument bouleversante".
 
Quant à Philippe Torreton, dans une interview à Ouest France,  il évoque lui aussi la dualité de Cyrano "seul mais libre" : "La solitude du personnage est immense" explique le comédien. "Chez lui, tout n'est qu'abnégation, esprit de sacrifice. Systématiquement, nous lui faisons un triomphe... Avant de retourner à notre vie faite de préjugés, de petites lâchetés. La société nous oblige à la compromission. Tout ce que Cyrano exècre et pourfend avec la plus grande vigueur !". 

« Cyrano de Bergerac » d’Edmond Rostand – Mise en scène Dominique Pitoiset – au Théâtre National de Bretagne à Rennes jusqu’au 16 février – Durée 2h40 – Tarifs : de 9€ à 25 €. En tournée dans toute la France à partir du 20 février