Mort de Sophie Desmarets

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/02/2012 à 09H11
Sophie Desmarets le 27 février 1987 à la télévision française

Sophie Desmarets le 27 février 1987 à la télévision française

© AFP/Georges Bendrihem

La comédienne, qui avait été à l'affiche de nombreuses pièces de théâtre de boulevard à succès dont "Fleur de cactus" de Barillet et Grédy, s'est éteinte lundi à son domicile parisien à l'âge de 89 ans, a annoncé sa famille.

"J'aime faire rire et rire moi-même. La gaîté est le plus précieux des biens de ce monde", estimait la comédienne qui avait publié ses mémoires en 2002.

Sa grande passion était la scène. Sophie Desmarets s'était spécialisée dans des pièces de boulevard souvent signées du tandem Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy. En 1960, elle avait triomphé dans "Adieu prudence" puis, surtout, dans "Fleur de cactus". La pièce fut jouée à Paris de 1964 à 1967 avant de tourner en province. Sophie Desmarets l'avait reprise vingt ans plus tard, en 1987. Outre le théâtre, Sophie Desmarets avait tourné dans une cinquantaine de films dont "Si Paris nous était conté" (1955), ou, plus récemment, "Fantôme avec chauffeur" (1996).

Sophie Demarest le 8 juin 1972

Sophie Demarest le 8 juin 1972

© AFP

Premier prix de comédie au conservatoire
Née Jacqueline Desmarets le 7 avril 1922 à Paris (16e), Sophie Desmarets était la fille d'une mère bretonne et d'un père lorrain, directeur du Vélodrome d'Hiver. Dans sa jeunesse, elle fréquente les meilleures institutions. "J'ai fait de sages études au cours Maintenon, puis au collège de Neauphle (pour raisons de santé), enfin à Gstaadt, en Suisse. Une stabilité raisonnable qui m'a marquée pour toute mon existence."

C'est une grande sportive, amatrice de ski, de tennis et de natation. Mais elle rate son bac. Dans le même temps, elle s'intéresse au théâtre. A l'occasion de la vente d'une maison par ses parents, elle rencontre Louis Jouvet. "Ca te plairait ce métier ma petite ? Alors essaie", lui aurait-il dit. Sophie Desmarets sort du Conservatoire avec un premier prix de comédie.

Elle débute pourtant sa carrière au cinéma, remarquée par Henri Decoin alors qu'elle donne la réplique à Rosine Luguet venue se présenter pour un rôle dans "Premier rendez-vous" (1941). Suivront une cinquantaine de films parmi lesquels "Rocambole" (1947, Jacques de Baroncelli), "Si Paris nous était conté", (1955, Sacha Guitry), "Les trois font la paire" (1957, Sacha Guitry), "La famille Fenouillard" (1960, Yves Robert), "Fantôme avec chauffeur" (1996, Gérard Oury), "Fallait pas !" (1996, Gérard Jugnot).

Avec Michel Simon dans "Les trois font la paire" en 1957 (Sacha Guitry / Clément Duhour).

Traqueuse, elle préfère quand même le théâtre
Mais Sophie Desmarets préfèrera toujours le théâtre, en dépit de son trac. Elle se spécialise dans des pièces de boulevard où sa jovialité, son regard malicieux, son nez retroussé font des ravages. Elle triomphe donc en 1960 dans Adieu prudence" puis, surtout, dans "Fleur de cactus". "C'était le personnage qui me collait le mieux à la peau", dira-telle. Plus tard, la comédienne renouvelle ce succès avec deux autres pièces de Barillet et Grédy, "Quatre pièces sur jardin" (1969-70) et "Peau de vache" (1975).

Sophie Desmarets, passionnée de jardinage et propriétaire d'une boutique d'antiquités à Paris, avait quitté la scène dans les années 90, "lasse de jouer au théâtre" et aspirant "au repos et au bonheur de voir les jours s'écouler paisiblement". Deux fois mariée, elle était mère de deux filles.

Avec Fernandel, Robert Manuel et Madeleine Lebeau dans "La vie à deux" en 1958 (Clément Duhour, scénario de Sacha Guitry)

Réaction
- Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a rendu hommage mardi à la comédienne disparue dans un communiqué : "Avec Sophie Desmarets, c’est un soleil qui s’éteint, un sourire qui manquera, tant il était enchanteur et communicatif. Jouvet l’avait bien dit : avec son «physique de théâtre», elle était faite pour rire et faire rire – ce qu’elle fit pendant près d’un demi siècle. Brûlant les planches avec le même feu sacré au cinéma, au théâtre et à la télévision depuis 1941, entourée de ses joyeux compères qui comptaient de Funès, Bourvil, Jean Poiret, Belmondo, Francis Blanche ou Daniel Ceccaldi, elle a enchaîné les rôles dans une course folle aux histoires les plus cocasses (...) En toutes circonstances, elle aura incarné la noblesse de la comédie et du théâtre de boulevard."

A la télévision dans l'émission "Les grands enfants" à la fin des années 60 (Maritie et Gilbert Carpentier), avec Francis Blanche, Jean Poiret, Roger Pierre, Jean-Marc Thibault, Jacques Martin, Marcel Amont