Michel Bouquet fait le point pour 2012 sur Culturebox

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/12/2011 à 14H38
Michel Bouquet fait le point sur sa carrière

Michel Bouquet fait le point sur sa carrière

© Michel Gangne/AFP

Après 70 ans de carrière, Michel Bouquet annonçait il y a quelques jours qu'il arrêtait le théâtre pour se consacrer au cinéma. Lors de la présentation d’un documentaire de France 2 (diffusion le 15 janvier), "Le temps des vertiges" de Jean-Pierre Larcher, centré sur son dernier rôle sur les planches dans "Le roi se meurt" d'Eugène Ionesco, le comédien avait surpris : «J'ai 86 ans, je n'en peux plus, j'en ai marre. C'est une fatigue physique. C'est à n'en plus pouvoir. Quand on est proche du chagrin, de l'abattement, il faut arrêter.» Culturebox a fait le point jeudi 29 décembre avec Michel Bouquet, toujours aussi passionné et beaucoup moins catégorique sur son avenir au théâtre.

Sophie Jouve : En cette fin d’année, quels sont vos projets professionnels, Monsieur Bouquet ?

J’ai fini le Renoir de Gille Bourdos, qui est en cours de montage. Je me prépare pour un film que je vais tourner au Canada l’été prochain : « L’Autre Monde » de Mathieu Roux, un jeune réalisateur qui a travaillé avec Scorcese et fait des documentaires. Il est en train de boucler son budget.

Michel Bouquet lors d'un filage du "Roi se meurt" d'Eugène Ionesco, mis en scène par Georges Werler

Michel Bouquet lors d'un filage du "Roi se meurt" d'Eugène Ionesco, mis en scène par Georges Werler

© DELALANDE RAYMOND/SIPA

Le théâtre, votre grande passion, c’est vraiment fini ?

Au niveau du théâtre, je ne veux pas prendre de décision définitive. J’ai simplement dit à ce groupe de journalistes qu’il me fallait attendre une occasion qui me permette de refaire du théâtre.

J’ai du renoncer à la pièce "Collaboration" de Ronald Harwood. J’avais un mal fou à travailler sur le texte qui était vraiment très lourd. J’ai eu peur de mettre l’équipe dans l’embarras. J’ai préféré me retirer et laisser la place à Michel Aumont. Un peu après, j’ai eu la proposition du Renoir qui m’a consolé.

Peut être que j’ai été un peu loin dans la conversation avec les journalistes, j’étais très fatigué par les représentations du «Roi se meurt», mais je n’ai pas l’intention d’arrêter. Si une proposition adaptée, pas trop lourde, ou bien un texte que je connais se présentaient, je pourrais très bien le faire. Reprendre «Le Roi se meurt» par exemple, ou un Molière. Une pièce nouvelle, je ne pense pas.

Vos vœux pour 2012 ?

Incarner ce personnage dans «L’Autre Monde», qui me va très bien. Je peux me permettre de le faire car c’est un homme déphasé. Il a des enfants mais il est atteint par une présence de la mort en lui, qui empêche sa lucidité. C’est un homme brillant qui s’affaiblit, on est entre la drôlerie de ce type de situation et le tragique.