"Mensonges d'Etat": captivant poker menteur avec Samuel Le Bihan

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/10/2013 à 14H44
"Mensonges d'Etat", avec Samuel Le Bihan © Pascal Victor

Après les succès du "Repas des fauves" et de "Diplomatie", "Mensonges d'Etat avec Samuel Le Bihan aborde un nouvel épisode mystérieux et d'autant plus fascinante de la Seconde Guerre mondiale, que tout dans cette histoire incroyable est rigoureusement vraie.

C’est d’abord une pièce très bien ficelée d’un jeune auteur. Xavier Daugreilh réussit la prouesse de nous tenir en haleine pendant deux heures sur un sujet dont on connait pourtant  le dénouement. Ses ingrédients : des détails passionnants sur cette partie de poker menteur, des répliques choc, des personnages qui ont une réelle épaisseur et ce qu’il faut d’humour british. Et un vrai talent à mêler des histoires personnelles à la grande Histoire.

C’est pour détourner l’attention des allemands du site du débarquement et empêcher une contre attaque trop massive, que les alliés créent l’Opération FORTITUDE. En clair, faire passer le débarquement pour une opération de diversion, les choses sérieuses devant avoir lieu plus tard, dans le Pas de Calais.
 
Et pour rendre crédible cet incroyable mensonge, le général Patton se voit propulser malgré lui à la tête d’une armée imaginaire. Patton, bourru et grande gueule, merveilleusement incarné par Jean-Pierre Malo, se voit ainsi privé de son destin, débarquer en Normandie.
 
L’essentiel de la pièce se joue à Londres, dans le bureau du Colonel Bannerman  (Samuel Le Bihan un peu maladroit au début, trouve peu à peu son rôle jusqu’à en être émouvant)), tandis qu’en transparence, les images d’actualités nous rappellent les évènements d’alors. Pas un moment d’ennui, si ce n’est un manque d’intensité dramatique lorsque Garbo, l’agent double (Marie-Josée Croze), se retrouve dans les griffes du chef des services secrets allemands.
 
Marie-Josée Croze et Bernard Malaka

Marie-Josée Croze et Bernard Malaka

© Pascal Victor
On est captivé par cet épisode assez peu connu de notre histoire récente. Un condensé de ce que la guerre engendre, le meilleur (la bravoure, l’héroïsme, l’ingéniosité) lié au moins bon ( le cynisme d’Etat ). L’intox, on le découvre, ira jusqu’à faire savoir aux allemands la réalité du débarquement, la nuit même où il a lieu.
 
Michaël Cohen (l’officier américain), Bernard Malaka (l’officier allemand), Eric Prat (l’adjoint de Bannerman) et Aurélien Wiik (le cuisinier) complètent avec talent la distribution de « Mensonges d’Etats », qui égale en qualité « Diplomatie », autre épisode fameux de la seconde guerre mondiale, joué il y a deux ans dans ce même théâtre.
Samuel Le Bihan dans Mensonges d'Etats © Pascal Victor
 
La mise en scène classique de Nicolas Briançon est toujours juste. Une très bonne soirée, d’autant plus fascinante que tout dans cette histoire incroyable, est rigoureusement vraie.


L'interview de Samuel Le Bihan dans les 5Der du 13h de France 2 (23 septembre 2013) :
 
"Mensonges d’Etats" au théâtre de la Madeleine
De Xavier Daugreilh, mise en scène de Nicolas Briançon.
19 rue de Surène, Paris VIIIe
01 42 65 07 09