Mathilde Seigner, femme libre et désenchantée dans « Nina »

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/09/2013 à 13H17
Mathilde Seigner et François Berléand © Emmanuel Murat

L’éternel trio femme-mari-amant, peut il encore révéler surprises et rebondissements inattendus ? On le découvre, en redécouvrant le théâtre d’André Roussin, passé aux oubliettes depuis un demi siècle.

L’histoire : Un mari surgit dans la garçonnière de l’amant de sa femme, bien décidé à l’abattre. Mais voilà qu’il trouve un Play boy que le vide de son existence plonge dans un profond désespoir, au point de penser au suicide. Le mari s’en trouve littéralement désarmé. Il ne peut se résoudre à tuer un homme qui n’est pas heureux !
 
Dans le rôle de ce mari un peu fou qui veut tuer l’amant, puis sa femme puis lui-même ; qui se retrouve dans le placard et enfin dans le lit de l’amant, François Berléand se régale. Fasciné par le pouvoir d’attraction de l’amant il nous fait beaucoup rire lorsqu’il rêve de prendre sa place et lui souffle ses répliques.
 
L’amant, c’est le séduisant François Vincentelli, comédien à son affaire en vieux beau désabusé que rien n’étonne et que l’on ne peut détester.
  François Vincentelli, Mathilde Seigner et François Berléand © Emmanuel Murat
 
Pour incarner Nina, femme moderne, affranchie mais sensible, il fallait une nature. Mathilde Seigner campe le personnage avec toute la force et la vulnérabilité nécessaire. Et c’est un plaisir de la retrouver au théâtre où on ne l’avait pas revu depuis « l’Education de Rita », pièce dans laquelle elle rayonnait il y a douze ans.
Mathilde Seigner est "Nina" © Emmanuel Murat
 
« Presque toutes les femmes savent comme moi qu’elles n’ont pas le mari qui leur faudrait et presque toutes celles qui ont un amant savent aussi qu’elles n’ont pas le bonheur », c’est le cri du cœur de Nina, femme désenchantée qui a besoin d’être aimé et qui refuse de vivre dans la médiocrité. Et l’on devine toute la tendresse de l’auteur pour ce personnage qu’il a créé en 1949 (à peine 5 ans après l’obtention du droit de vote par les femmes).
 
Dialogues ciselés, trio de comédiens complices, « Nina » réjouira les adeptes d’un théâtre populaire dans la lignée de Sacha Guitry, pas tout à fait cependant à sa hauteur.
 
Même si son théâtre parait daté, André Roussin qui a fait les beaux jours du Boulevard dans les années 50 et 60, méritait cette réhabilitation.
 
"Nina" au théâtre Edouard VII
D'André Roussin, mise en scène de Bernard Murat
Du mardi au samedi à 21h
10 Place Edouard VII, Paris IXe
Réservation : 01 47 42 59 92