"Ma chambre froide", de Joël Pommerat, au TNP de Villeurbanne

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/01/2012 à 10H47
Une scène de Ma chambre froide

Une scène de Ma chambre froide

© Elizabeth Carecchio

Jusqu'au 21 janvier 2012, le TNP de Villeurbanne accueille dans la petite salle Jean Bouise la pièce écrite et mise en scène par Joël Pommerat, Ma chambre Froide. Une coproduction multiple et internationale, avec les comédiens de la Compagnie Louis Brouillard.

Première surprise, la petite salle du TNP, qui porte le nom de Jean Bouise, est devenue une arène ronde, au centre de laquelle un cirque noir à quatre entrées nous promet un spectacle pensé pour être vu sous n'importe quel angle. C'est à peu près la seule bonne suprise de cette oeuvre de plus de deux heures dont le propos aurait largement nourri une nouvelle d'une vingtaine de pages.

En résumé, se sachant au bord de la mort, un patron tyrannique offre son empire industriel aux employés de la première affaire qu'il a créée : un supermarché. Ce qui est attendu arrive, les braves salariés sont peu à peu dévorés par le pragmatisme libéral et, leur magasin menacé par des finances en mauvais état, ils se retrouvent prêts à sacrifier ceux de leurs semblables employés dans les autres branches de leur société.

Une scène de Ma chambre froide

Une scène de Ma chambre froide

© Elizabeth Carecchio

Le propos est simple, intelligible et pourrait, pourquoi pas, faire l'objet d'une pièce intelligente voire divertissante. Mais là où le bât blesse, et mortellement, c'est que l'auteur a cru bon de compliquer l'histoire à l'aide d'intrigues incidentes, superflues et pour certaines d'entre elles ridicules.

L'une des salariées, par exemple, sorte d'Amélie Poulain neurasthénique, se prend les pieds dans son destin à longueur de pièce et ne fait qu'envenimer les situations en essayant d'assurer le bonheur des autres. Un meurtre sans intérêt dramaturgique, commis par un tueur à gages transparent, des scènes oniriques dont le seul intérêt réside dans de beaux costumes d'animaux, des retournements de situation attendus... Au fil de cet enchevêtrement, on se dit souvent que les deux heures et quart que dure la pièce comptent nettement plus de soixante minutes chacune.

Et c'est dommage, parce que la mise en scène est plutôt une réussite. Les scènes sont courtes et toutes séparées par un passage au noir qui permet de changer non pas le décor, il n'y en a pas, mais la disposition. Des personnages apparaissent, d'autres disparaissent et le rythme est bien soutenu. Les comédiens, dont la diversité des accents est très agréable, font ce qu'ils peuvent pour servir cette histoire abracadabrante et au bout du compte parfaitement inutile.