Les théâtres publics interpellent Emmanuel Macron

Par @Culturebox
Publié le 25/07/2017 à 10H57
Le Théâtre du Nord à Lille, un des Centres dramatiques nationaux

Le Théâtre du Nord à Lille, un des Centres dramatiques nationaux

© Olivier Leclercq / HEMIS.FR /AFP

Des artistes du théâtre public, soucieux après une rencontre avec des responsables du ministère de la Culture à Avignon le 14 juillet, interpellent le président de la République Emmanuel Macron et lui réclament "un nouveau pacte culturel".

Les Centres dramatiques nationaux, qui sont un peu le bras armé de l'Etat pour la politique théâtrale, ont décidé d'écrire à Emmanuel Macron après une réunion houleuse avec la directrice générale de la création artistique Régine Hatchondo à Avignon.
 
"Alors que les CDN n'ont plus vu leurs budgets réévalués depuis des années, ce 14 juillet, lors d'une réunion avec les représentants du ministère, les artistes présents ont pu s'entendre dire qu'ils n'obtiendraient jamais les crédits nécessaires à la relance de leur activité de service public. Tout simplement parce que leur modèle économique ne serait plus viable et que 'leurs structures sont à bout de souffle'", disent les directeurs de théâtre dans un communiqué.
 
Ils s'inquiètent en outre d'un projet qui préconiserait de financer en partie le théâtre privé par le public, "notamment en ponctionnant la billetterie des théâtres publics". Cette proposition fait partie d'un rapport qui n'a pas encore été rendu public.

Pour une nouvelle politique culturelle

Le projet de la décentralisation théâtrale né après la guerre a "vieilli dans une vision par défaut", estiment les signataires. "Aujourd'hui la culture doit réparer, compenser les maux sociaux, ou flatter les goûts et les identités. A un projet conquérant de construction individuelle et collective s'est substitué un projet défensif de réparation des dégâts."
 
"Les politiques publiques se présentent comme un feuilletage de dispositifs cloisonnés, dont tout le monde s'accorde à dire qu'ils sont bien trop parcellaires."
 
"Aujourd'hui, Monsieur le président, il faut sauter", lancent-ils. "Nous vous proposons d'affirmer, en vous appuyant sur notre ministre, et avec nous, un pacte pour une nouvelle politique culturelle à l'échelle du pays. Aucune agence semi-privée pour les arts ne pourra remplir ce prodigieux don démocratique : libérer une créativité prise dans le sentiment d'une utilité citoyenne."

Inventer des liens entre les arts, la jeunesse et les territoires

"Pour cela, la politique culturelle nouvelle devra inventer des liens nouveaux entre trois champs aujourd'hui distincts : le champ des politiques en faveur des arts, le champ des politiques de la jeunesse, et le champ des territoires."
 
Les établissements nés de la décentralisation proposent d'être "les prototypes" de cette nouvelle politique.
 
"Il faut proposer au pays un nouveau pacte culturel", disent les signataires, qui regroupent à ce jour plus de 200 comédiens, danseurs musiciens, auteurs, chorégraphes, metteurs en scène et directeurs de théâtres publics.