Les 7 temps forts de la Première de "Golgota Picnic"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/12/2011 à 10H06
Manifestation de catholiques intégristes contre la pièce Golgota Picnic

Manifestation de catholiques intégristes contre la pièce Golgota Picnic

© Joël Saget/ AFP

Les 7 temps forts d'une soirée théâtrale sous haute surveillance qui s'est terminée dans le calme par les "7 Dernières Paroles du Christ" de Haydn, jouées par le pianiste Marino Formenti en tenue d'Adam, "un moment de souffrance absolue", nous a-t-il confié à la fin du spectacle.

19H30 : Le théâtre du Rond-Point est totalement bouclé. Deux rangées de camions de police veillent à l'arrière du bâtiment et tout le long de l'avenue Franklin-Roosevelt. Une centaine de catholiques de l'association "Culture et foi respectons-nous" se sont rassemblés pacifiquement devant le Grand Palais, pour ouvrir le dialogue et déposer des roses blanches. Au milieu du groupe, le comédien Michael Lonsdale, qui a lu la pièce, et qui regrette "cette vision si désespérante de la religion. Je ne veux pas les empêcher de jouer, mais je vais prier pour eux à Notre Dame."

L'acteur Michael Lonsdale s'est rendu au théâtre du Rond Point

L'acteur Michael Lonsdale s'est rendu au théâtre du Rond Point

© Sophie Jouve

20hOO : Les spectateurs forment deux files, d'un côté les hommes, de l'autre les femmes. Fouille en règle.

20h30 : Deuxième contrôle à l'entrée de la salle où des portiques de sécurité ont été installés. Le spectacle commence.

Des pains pour hamburgers tout juste grillés tapissent et embaument la scène. Cinq comédiens pique-niquent. Le calme avant la tempête. Corps pulvérisés de peinture formant des tableaux vivants inspirés de l'Évangile, bouches vomissantes, anges déchus tombant du ciel sur un écran vidéo, le dramaturge argentin Rodrigo Garcia fustige la consommation triviale et l'iconographie religieuse, avec des procédés déjà rodés dans ses précédents spectacles.

Et puis il y a les mots de Rodriga Garcia : "Pour commencer, le Christ sur la croix prend bonne note de ce qu'il adviendra plus tard de son image : vu qu'il est Dieu, il a cette faculté, c'est dans ses cordes... Il n'est d'accord avec personne. Il n'aime aucune des illustrations qu'on a réalisées de lui." Le metteur en scène argentin de 46 ans dézingue avec fureur cette utilisation du culte de la souffrance du Christ, sonde nos solitudes en maniant le paradoxe et la provocation comme un sale gosse. "Fuyez-vous les uns les autres puisque l'inverse n'a pas marché." La salle rit.

21h45 : Près de 1000 catholiques intégristes de l'institut Civitas partis en procession de Saint Nicolas du Chardonnet arrivent à proximité du théâtre et entonnent des chants religieux.

Au même moment le pianiste Marino Formentin entre sur scène, retire ses vêtements et se met  à jouer les "Sept Dernières Paroles du Christ de Haydn", l'oeuvre qui a inspiré ce spectacle à Rodrigo Garcia.

22h30 : Applaudissements et réactions :

  • "C'est assez spiritualisant, un spectacle sur le regret d'une certaine spiritualité."
  • Christophe Girard, adjoint à la Culture à la Mairie de Paris : "Le sujet n'est pas religieux, c'est une allégorie."
  • "Tout ça pour ça."
  • Quant à Rodrigo Garcia, il parait soulagé : "Jusqu'à demain, nous confie-t- il. Le Christ est un super personnage, pour moi la Bible c'est une romance". Il n'en dira pas plus : "Tout est dans le spectacle."