Le Tartuffe avec Brasseur et Chesnais manque d'étoffe

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 25/09/2012 à 16H13
Claude Brasseur et Patrick Chesnais dans le Tartuffe de Molière

Claude Brasseur et Patrick Chesnais dans le Tartuffe de Molière

© B.Couderc

C’est l’une des belles affiches de la rentrée, Claude Brasseur et Patrick Chesnais dans Le Tartuffe de Molière. On en ressort perplexe.

Dans sa comédie, Molière ménage le suspens, en ne faisant apparaître Tartuffe qu'au IIIe acte. On ne découvre d'abord le « dévot » qu'à travers ce qu’en disent les autres personnages, que ce soit la détestation et le dégoût qu’il suscite ou pour chanter ses louanges.

Patrick Chesnais nous propose un Tartuffe dilettante et désabusé
On attend dès lors, le cabot, le perfide qui exerce une emprise diabolique sur le maitre de maison, mais Patrick Chesnais nous propose un Tartuffe dilettante et désabusé. Une économie de jeu qui atténue la férocité de la pièce, gomme la perversité des rapports entre les deux hommes, jusqu'à la fameuse scène où l'imposture éclate au grand jour. Non content de se voir offrir la fortune d’Orgon et sa fille en prime, l’hypocrite cherche à séduire l’épouse. Chesnais nous offre là, enfin, un aperçu du grand manipulateur. 

Patrick Chesnais (Tartuffe) et Beata Nilska (Elmire)

Patrick Chesnais (Tartuffe) et Beata Nilska (Elmire)

© B.Couderc

Claude Brasseur a tout ce qu'il faut de gouaille et de mauvaise foi 
Face à Tartuffe, Brasseur, n’a pas besoin de forcer pour enfiler le costume d’Orgon. Il a toute la gouaille et la mauvaise foi de l'homme aveuglé, qui ne songe qu'à la reconnaissance sociale et religieuse.

Bande-annonde de Tartuffe

Une troupe bien hétéroclite 
Autour de ces deux vieux routiers du théâtre, la troupe est bien hétéroclite : d’une Dorinne impayable dans son irrévérence en la personne de la réjouissante Chantal Neuwirth à une Marianne jouée par  Emilie Chesnais, jolie comme un cœur mais bien transparente. Autre fils de, Julien Rochefort incarne Cléante, le fils Rebel, avec flamme et bonne volonté. Quand à Elvire, Beata Nilska, son accent rend difficilement compréhensible la langue de Molière.

L'écume de la pièce de Molière  
La mise en scène de Marion Bierry surfe sur l'écume du texte de Molière et passe à côté de ce qui en fait la sêve, le fanatisme religieux. Le décor, sans relief, mêle tous les styles. On ne retiendra qu'un élégant croisé de rideaux, évoquant l’escalade dans la duperie et l’orage qui pointe. Un Molière...sans plus.

Le Tartuffe de Molière, mise en scène de marion Bierry
Théâtre de Paris, 15 rue Blanche, Paris IXe  
Location : 01 48 74 25 37