Le spectacle sonore "Les Constructeurs" ouvre le festival Ré-Génération à Lyon

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/01/2012 à 11H36
Les Constructeurs ou comment réussir à échouer

Les Constructeurs ou comment réussir à échouer

© Sébastien Erome

C'est parti pour la 6ème édition du festival Ré-Génération qui se tient du 5 au 14 janvier au Théâtre Nouvelle Génération à Lyon. Dix jours de création tous azimuts, toutes disciplines confondues et pour un public le plus large possible. Une occasion unique de découvrir le travail de douze jeunes compagnies. Mais comme chaque année, c'est une troupe confirmée qui ouvre le bal. Un rôle qui est revenu à la compagnie lyonnaise Les Transformateurs, avec son spectacle sonore et musical, "Les Constructeurs".

Imaginez : une heure de spectacle avec sur scène, trois artistes bricoleurs qui marchent, courent, dansent, sautent, et surtout essaient de construire une maison. Elle finira par voir le jour de façon un peu chaotique et pas très orthodoxe. "Les Constructeurs", c'est l'histoire de de Gazoline, Jacky et Boris. Leur oncle Barnabé vient de décéder et leur lègue son entreprise de bâtiment. Leur mission : construire des maisons démontables. Nos trois compères vont se lancer dans l'aventure, ce qui va donner lieu à moultes gags et situations comiques voire poétiques.

Sur scène, les déplacements sont très précis et on a le sentiment d'assister à une chorégraphie burlesque. Et pour cause : "Pour ce spectacle", explique Violaine Lemaitre, l'administratrice de la compagnie, "le metteur en scène Nicolas Ramond s'est vraiment inspiré de l'univers de Charlie Chaplin, Buster Keaton, Laurel et Hardy...C'était une manière d'aborder de façon décalée un problème grave, celui de l'habitat et de la crise du logement". Et d'ajouter : "Chez  Les Transformateurs, on travaille beaucoup sur le visuel, le texte n'est pas forcément au centre des créations". Résultat : pour Les Constructeurs, les comédiens ne parlent pas. C'est l'une des forces de ce spectacle qui repose sur un gros travail de bruitage et de création sonore. Il est réalisé par Charles Henri Caget, un musicien percussionniste. Placé devant la scène, grimé comme un comédien, il est installé devant des consoles et des "machines à sons".

Henri-Charles Caget, percussioniste et bruiteur des "Contructeurs"

Henri-Charles Caget, percussioniste et bruiteur des "Contructeurs"

© Sébastien Erome

Durant tout le spectacle, il est concentré pour bruiter en direct les moindres gestes des comédiens. Il "vit" littéralement la pièce, comme un chef d'orchestre devant son pupitre. Ce dispositif évoque directement le cinéma des années 20, renforcé par l'apparition d'intertitres qui donnent des indications sur le déroulement de l'histoire et sur les personnages. Le tout fonctionne extrêmement bien et donne un spectacle à la croisée du dessin animé et des films de Jacques Tati. Il faut saluer la performance des comédiens et de Patrick Laurino, un "vrai" constructeur qui a conçu une structure de maison qui pouvait voire le jour en une heure sur une scène de théâtre !

Et la maison voit le jour...enfin presque !

Et la maison voit le jour...enfin presque !

© Sébastien Erome


Avec ce spectacle, le festival démarre sur de très bonnes bases, celles d'une création capable de rassembler plusieurs générations de spectateurs. Et c'est là une des exigences de cet événement qui veut avant tout être un tremplin pour de jeunes compagnies. Autre critère : imposer des compagnies de la région Rhône-Alpes mais aussi celles venant de régions partenaires de l'événement :  l'Italie du Nord, la Catalogne espagnole, le Bade-Wurtemberg allemand et le Québec.  Ce qui suppose un gros travail de sélection pour Annick Bajard, la conseillère artistique du Théâtre Nouvelle Génération. Cherche t-elle un fil conducteur pour chaque édition du Festival ? "Non, je ne travaille pas comme cela" reconnaît-elle. "Je rencontre les artistes, je vois des spectacles et c'est l'émotion qui fait le reste". Une émotion qui doit toucher toutes les tranches d'âge, des touts petits aux adultes en passant par les ados. Ces derniers devraient ainsi  se retrouver dans comme "S'embrasent", un spectacle du Théâtre Bluff (Québec).

Annick Bajard insiste aussi sur le rôle de découvreurs de talents du Festival. Car en plus des spectacles "officiels", durant trois jours (du 11 au 13 janvier), une dizaine de compagnies viennent présenter des projets en cours de création. Une heure dans un petit lieu du TNG, sans trop de dispositif technique, face au public mais aussi et surtout face à des programmateurs. Une occasion unique pour ces jeunes talents de montrer leur travail. Et une raison de plus de suivre ce festival qui régénère notre vision du spectacle vivant...en restant abordable. Le Pass'Ré-génération (entre 8 et 14 euros selon les catégories d'âge), donne accès à un spectacle au choix. Chaque spectacle supplémentaire est au tarif unique de 3 euros. Quant aux représentations des projets émergents, elles sont en entrée libre sur réservation.

Un festival découvreur de talents

Un festival découvreur de talents

© DR

"Festival Ré-Génération" jusqu'au 14 janvier 2012 au Théâtre Nouvelle Génération - 23, rue de Bourgogne - 69009 Lyon

"Les Constructeurs", un spectacle des Transformateurs, à voir aussi le 9 mars 2012 à 20h30 à l'Espace Louise Labé à Saint Symphorien d'Ozon (69)