Le procès des Pussy Riot rejoué sur scène à Moscou

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/08/2012 à 13H44
Un spectacle rejoue la condamnation des Pussy Riot à Moscou (27 août 2012)

Un spectacle rejoue la condamnation des Pussy Riot à Moscou (27 août 2012)

© Andrey Smirnov (AFP)

Un spectacle sur le procès des trois filles de Pussy Riot condamnées à deux ans de camp pour une « prière punk » anti-Poutine a été mis en scène lundi soir dans un théâtre de Moscou connu pour son engagement politique

Les avocats des trois jeunes femmes et de nombreux sympathisants ont joué les personnages principaux de ce show gratuit aux accents de documentaire,  présenté par un petit théâtre moscovite, Teatr.doc

"Pour nous, c'est important de faire en sorte que les gens changent d'avis, qu'ils éprouvent de la compassion" pour les Pussy  Riot, a déclaré Varvara Faïer, la directrice de ce théâtre connu pour avoir déjà mis en scène une pièce satirique raillant Vladimir Poutine. "Mais le plus important, c'est que ces femmes soient libérées", a-t-elle souligné.

"Je crois que cette forme de théâtre-témoignage est très efficace. C'est  peut-être la meilleure façon de parler de ce procès", a déclaré Piotr Verzilov, le mari d'une des condamnées.

Le spectacle perturbé par des militants orthodoxes
Peu avant la fin du spectacle, qui a duré plus de deux heures, des militants orthodoxes ont fait irruption dans la salle en criant « blasphémateurs, repentez-vous ». "Nous sommes venus pour parler aux gens qui croient que c'est normal de profaner nos églises", a expliqué un de ces militants, Dmitri Enteo.

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, membres du groupe punk féministe russe, ont été condamnées le 17 août à deux ans de camp. Elles étaient poursuivies pour  "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse" après avoir chanté en février une "prière punk" dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou,  demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir.

Elles ont fait appel du jugement. Deux autres filles du groupe, recherchées par la police, sont en fuite à l’étranger.