"Le Père" : l’art toujours renouvelé de Robert Hirsch

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/10/2012 à 16H15
Robert Hirsch et Isabelle Gélinas dans "Le Père"

Robert Hirsch et Isabelle Gélinas dans "Le Père"

© Raymond Delalande/Sipa

Florian Zeller aime écrire pour un acteur. Il y a eu Pierre Arditi (La Vérité), il y aura en mars Fabrice Lucchini, il y a aujourd’hui l’immense Robert Hirsch. Et voilà qu’il fait jouer à ce jeune homme de 87 ans, un vieux irascible et sénile, terriblement touchant.

L’histoire : Anne s’occupe comme elle peut, de son vieux père André, drôle et irascible. Elle l’a même accueilli chez elle, temporairement…Les souvenirs d’André se disloquent, il ne se voit pas vieillir…

Le naufrage de la vieillesse, les relations parents-enfants
Jusqu’à présent, Zeller explorait avec acuité et légèreté les méandres infinis de la vie conjugale. C’est donc une surprise de le voir aborder de manière plus tragique mais sans pathos, le naufrage de la vieillesse et les relations parents-enfants.

Hirsch porte littéralement la pièce, avec l’énergie du désespoir de celui qui n’abdique pas, refuse de devenir l’enfant de ses enfants. Piégé dans le labyrinthe de sa mémoire, il perd ses repères, finissant par croire que le fou, c’est l’autre.

Robert Hirsh

Robert Hirsh

© Raymond Delalande/Sipa

On aime cet André, cabot, drôle, déchirant et seul 
Florian Zeller réussit à nous mettre dans la peau du vieil André. Tantôt désorienté, injuste, colérique voir épouvanté par un entourage qu’il ne comprend plus, au point d’imaginer ses enfants capables de comploter. Magistrale, Hirsch nous bluffe une fois encore. On aime cet André, cabot, drôle, déchirant et seul.

Face à lui, la subtile Isabelle Gélinas est cette fille droite, affectueuse qui oscille entre patience infinie, découragement, culpabilité et désir de vivre. Elle rend si concrète la pression que le grand âge fait peser sur les enfants.

"Le Père"

"Le Père"

© Raymond Delalande/Sipa

Qui d'autres que Robert Hirsch pouvait être cet homme là ?
La mise en scène de Ladislas Chollat, en séquences brèves, avec des silences aussi importants que le texte, n’appuie jamais. Avec sa distribution au cordeau, il nous mène jusqu’au bout de cette farce tragique, qui voit un vieillard au crépuscule de sa vie réclamer sa maman. Qui d’autre que Robert Hirsch pouvait être cet homme là ?

Isavelle Gélinas et Robert Hirsch dans "Le Père"

Isavelle Gélinas et Robert Hirsch dans "Le Père"

© Raymond Delalande/Sipa


Extrait et Interview d'Isabelle Gélinas sur le 19-20 Ile de France de France 3

"Le Père", au Théâtre Hébertot
De Floran Zeller, mise en scène de Ladislas Chollat
78 bis bd des Batignolles Paris XVIIe
Réservation : 01 43 87 23 23