Francis Huster et Roxane Duran : fidèles compagnons d'Anne Frank

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/04/2013 à 17H20, publié le 17/09/2012 à 12H31
Roxane Dùran et Francis Huster

Roxane Dùran et Francis Huster

© Laurencine Lot

Eric-Emmanuel Schmitt inaugure son nouveau Théâtre Rive Gauche, avec sa propre adaptation du Journal d'Anne Frank, best -seller universel. Par une succession de flash-back, il se place du point de vue du père de l'adolescente. Francis Huster et Roxane Duran portent ce texte mythique, par leur engagement et leur sincérité.

"Lorsque je lis son journal, je crois qu'elle est vivante"
Revenu des camps, Otto Frank, attend tous les jours ses deux filles sur le quai de la gare d’Amsterdam. Il n’y croit déjà plus. On lui apprend qu’elles ne reviendront pas.

Francis Huster incarne avec noblesse et sobriété, ce père brisé. Il pensait connaître Anne, sa cadette, il va la découvrir toute autre en lisant son journal miraculeusement intact : sa joie de vivre, son innocence, sa sensualité (« Je sens en moi l’éveil du printemps »), ses relations tendues avec sa mère… « Lorsque je lis son journal, je crois qu’elle est vivante », confie Otto.

L’homme avait pourtant tout prévu pour protéger sa famille et celle de son associé. « Nous allons partir de nous même sans qu’on vienne nous chercher » annonce- t- il à ses filles lorsqu’il décide d’enfermer tout ce petit monde dans « l’annexe », un grenier exigü de son entreprise d’Amsterdam.

"Anne est une drôle de fille, mais je vis une drôle d'époque"
Roxane Duran, 19 ans, remarquée dans Ruban Blanc de Michael Haneke, incarne Anne avec justesse, énergie et ce qu’il faut de révolte. « Est-ce qu’un jour nous pourrons être des êtres humains et pas seulement des juifs ? » s’interroge-t-elle. Elle rend concret l’enfermement de cette communauté martyre, entre suffocation, angoisse et petits bonheurs. « Anne est une drôle de fille » résume-elle avec malice, « mais je vis une drôle d’époque ».

Roxane Duran et Francis Huster sont bien entourés 
Roxanne Duran et Francis Huster sont bien entourés par une troupe ou chacun tient son rôle. Jusqu'à Bertrand Usclat, qui interprète avec une grande sensibilite Peter Van Pels, le premier flirt d’Anne.

Une mise en scène inutilement appuyée
Quant à la mise en scène très cinématographique de Steve Suissa, elle est parfois appuyée : est- il utile que Francia Huster pousse un cri lorsqu’il apprend la mort de ses filles ? Les choix musicaux sont discutables, d'« Over the rainbow » chanté par Judy Garland dans le Magicien d’Oz, à "Dancing cheek to cheek" de Fred Astair, en passant par l'Adagio de Barber... Mais il n’y a pas là, de quoi gâcher ce précieux témoignage et le jeu des comédiens.

« Fais moi confiance, je vais continuer à vivre après ma mort » promet Anne à son père ». La preuve en est l’ émotion qui nous ressentons à ce spectacle, bien des années après avoir découvert ce texte, lorsque nous étions collégiens.


Francis Huster, invité du Soir 3. Extraits de la pièce. :

Le Journal d'Anne Frank, mise en scène de Steve Suissa
Théâtre Rive Gauche, 6 rue de la Gaîté, Paris XIVe
Tél : 01 43 35 32 31