Le docteur Knock au chevet du théâtre du Pavé à Toulouse

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/12/2011 à 15H21
Docteur Knock au théâtre du Pavé

Docteur Knock au théâtre du Pavé

© France3/culturebox

Théâtre en péril ! A Toulouse, Le Pavé propose en cette fin d’année 2011 un « Docteur Knock » entièrement monté sur la base du bénévolat, avec des élèves amateurs et les membres de l’équipe. Les spectateurs sont invités à donner ce qu’ils peuvent, ou ce qu’ils veulent, avant chaque représentation. Cette opération est une tentative de sauvetage. Depuis 10 ans, la subvention versée par la ville n’a pas augmenté, les frais et les salaires des dix employés, si. Il manque 30 000 euros pour équilibrer la trésorerie, mais depuis trois mois les pouvoirs publics ne réagissent pas.

 

 

Difficile de perdurer

Des subventions qui stagnent, ou reculent, la pression immobilière dans les grandes villes, les normes de sécurité : autant d’évènements susceptibles de mettre à mal le futur des théâtres en France. Sur cette seule année 2011, les exemples ne manquent pas. A Toulouse, le théâtre de la Digue, devenu depuis quelques temps lieu de résidence pour jeunes compagnies, a définitivement fermé ses portes au début de l’été.  Son fonds documentaire inestimable - quelques 25 000 titres - a failli il y a quelques jours être dispersé aux enchères. A Paris, le théâtre du Lierre a été démoli. A Villeurbanne, les propriétaires du Théâtre de l’Iris n'ont pas renouvelé son bail, préférant dire oui à un projet immobilier. A Marseille, le théâtre Nau, 167 ans de programmation, a fermé ses portes. Le collectif « Le No », qui l’occupe en autogestion avec une multitude de projets culturels, est déjà menacé d’expulsion. La liste est encore longue, et l’on pointe souvent comme responsables les collectivités territoriales et l’Etat.

 

Odéon

Odéon

© LOIC VENANCE / AFP

 

Des privilégiés ?

Pour certain, l'argent tombe pourtant du ciel comme miraculeusement. L'Odéon, ainsi, ne connait pas la crise. Le Monde racontait comment le conseil d'administration a voté il y a quelques jours à l'unanimité une subvention exceptionnelle de l'Etat, d'un montant de 750 000 euros. Pour Luc Bondy, le metteur en scène, cette rallonge est justifiée, après plusieurs années de stagnation, elle devrait même continuer à évoluer, pour faire avancer les créations. D'autres grands théâtre rient jaune, eux qui dans le même temps voivent leurs aides baisser, sans autre justification.

 

L'Opéra de Lyon

En France et dans la culture, c'est bien connu, on ne parle pas facilement d'argent. L'Opéra de Lyon vient de briser ce tabou avec une étude inédite : l'institution a décidé de faire calculer les retombées économiques qu'elle génère, par rapport aux subventions publiques allouées. Dans cette étude, on apprend ainsi  que pour chaque euro alloué, 80 centimes sont générés par les spectateurs (transports, hôtels, etc...). Les dépenses de fonctionnements et autres prestateurs génèrent deux euros pour l'économie locale. Comme quoi, les subventions ne sont pas forcéement des investissemetns à perte. Avis aux collectivités...