"Le bal" : Virginie Lemoine adapte le roman d’Irène Némirovsky au théâtre

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/02/2017 à 18H19, publié le 29/03/2013 à 17H31
Mme Kampf (Brigitte Faure) Antoinette (Lucie Barret) Mr Kampf (S.Noël)

Mme Kampf (Brigitte Faure) Antoinette (Lucie Barret) Mr Kampf (S.Noël)

© Irène Jonas

Le Bal est à l'origine un roman d'Irène Némirovsky, l'actrice Virginie Lemoine l'adapte au théâtre, en suivant les mots de l'auteur. Un portrait cruel où l'auteur du roman a mis beaucoup d'elle même et de sa famille. Une comédie complétée, après la pièce, par un échange avec la salle sur la fin dramatique d'Irène Némirovsky.

D’abord on rit, et puis on réfléchit.
 
Le Bal, c’est Antoinette ( Lucie Barret) que n’aime pas sa mère et qui va lui faire payer ses humiliations. Antoinette Kampf souffre à l’ombre de cette mère égocentrique et de son père quasi-silencieux. Au théâtre de la Huchette la scène est petite, la salle de 82 places permet d’être chez les Kampf. Nous sommes donc dans leur salon où madame Mère est là, imposante au milieu de la scène, comme elle s’impose dans la vie de sa fille (Brigitte Faure, parfaite en parvenue).
Antoinette ( Lucie Barret) et a professeur de Piano ( Françoise Miquelis) 

Antoinette ( Lucie Barret) et a professeur de Piano ( Françoise Miquelis) 

© Irène Jonas
Nouveaux riches, les Kampf vont donner un bal, ce devrait être leur entrée officielle dans le petit  monde parisien. Mais Antoinette va contrarier leurs plans, sa mère, Rosine, ne veut pas que ses invités la voient, et impose à son silencieux mari, Alfred (Serge Noël ) de lui faire passer la soirée dans la lingerie. Dans un mouvement « plus fort qu’elle », selon Virginie Lemoine, Antoinette va jeter les invitations à la Seine. Toutes ? Non, une arrivera à sa destinataire, Isabelle Cossette, la professeur de piano ( Françoise Miquelis). Tout est donc prêt pour le Bal et sa seule invitée.
Antoinette

Antoinette

© Irène Jonas
Virginie Lemoine s'inspire de la comédie italienne des années soixante. Les jeux de regards, les silences, les non-dits, c’est « l’argent de la vieille » et le « Fanfaron » sur la scène de la Huchette. Pour Virginie Lemoine « on rit et nous sommes autoriser à ne pas aimer ces personnages… ».  Et l'on rit, jusqu’au moment où la tension fait ressortir la véritable personnalité de chacun.

Comme dans de nombreux roman d’Irène Némirovsky nous sommes en pleine critique sociale, aujourd’hui les Kampf seraient Bobos. Si Antoinette fait son entrée dans le monde des adultes, ses parents ratent leur entrée dans le monde parisien.
 
Le bal était une évidence pour Virginie Lemoine. L’actrice a « rencontré » l’auteur lorsque les jurés du prix Renaudot ont décerné leur prix à Iréne Nimerowski en 2004. Un prix pour le première fois décerné à titre posthume, car Iréne Némirovsky est morte déportée en 1942.

Le bal a déjà été adapté au cinéma en 1931 ( Danielle Darieux, pour la première fois à l’écran, joue Antoinette) mais Virginie Lemoine est partie du roman, sans toucher aux mots d’Iréne Némirovsky, car l'écrivain y fait des descriptions minutieuses, il n’y a plus qu’à se laisser porter.

"En adaptant ce texte, j’avais la sensation de suivre ce qu’Iréne disait. Tous les dialogues sont dans le roman », pourtant Virginie Lemoine a craint que son étiquette d’humoriste ne la desserve auprès des ayants droits de l’auteur, mais le courant est très bien passé avec Denise Epstein, la fille d’Iréne Némirovsky.

Celle-ci trouve même que sur scène, la corbeille de Saxe ressemble étrangement à celle de sa grand-mère. Une grand-mère insupportable qui servit de modèle pour madame Kampf, et encore, dit la metteur en scène « nous sommes en dessous de la vérité dans le portrait qui en est fait… ».
Alfred Kampf (Serge Noël), Rosine Kampf (Brigitte Faure)

Alfred Kampf (Serge Noël), Rosine Kampf (Brigitte Faure)

© Irène Jonas
La pièce dure une heure et quart mais lorsqu'elle s'achève, Virginie Lemoine, Brigitte Faure ou Françoise Miquelis viennent évoquer la vie et la fin dramatique d’Irène Némirovsky. Une mise en perspective de l’œuvre de celle qui avait la sensation qu’elle ne vivrait pas aussi longtemps que sa mère (morte à 102 ans). Un soir les spectateurs ont même eu la surprise de voir arriver Denise Epstein, la fille d’Irène Nimerowski, venue leur parler de sa mère. On réfléchit donc, mais on rit aussi.
 
Devant une salle pleine, Le Bal est joué tous les lundi soir et prolongé pour la troisième fois, jusqu’au 27 mai, au théâtre de la Huchette. Un théâtre qui accueille depuis 1957 et prés de 20 000 représentations, « la cantatrice chauve » et « la leçon » d’Eugène Ionesco. 

Le Bal d'Irène Nimerowski au Théâtre de la Huchette
Avec Lucie Barret, Brigitte Faure, Serge Noël, Françoise Miquelis, Michel Tavernier
Adaptation et mise en scène : Virginie Lemoine et Marie Chevalot.


23 Rue de la Huchette Paris IVe
Tél : 01 43 26 38 99
Le lundi à 19h00.
 

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