La mort de Jean Topart, illustre voix de la télévision

Par @annieyanbekian Journaliste, responsable de la rubrique Jazz-Musiques du Monde de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/12/2012 à 11H49
Jacques Debary et Jean Topart dans un épisode des "Cinq dernières minutes" ("La mémoire longue") de Claude Loursais (1975)

Jacques Debary et Jean Topart dans un épisode des "Cinq dernières minutes" ("La mémoire longue") de Claude Loursais (1975)

© Merou / Sipa

Jean Topart, comédien qui s'est illustré sur les planches et à la télévision française, s'est éteint samedi à l'âge de 90 ans, a annoncé sa famille dimanche.

Né le 13 avril 1922 à Paris, après avoir démarré des études de médecine, Jean Topart s'est tourné vers le théâtre, à l'instar de sa soeur Lise, actrice (qui disparaîtra en 1952 dans un accident d'avion, à 24 ans). En 1955, il a intégré la troupe du TNP (Théâtre national populaire) de Jean Vilar, où il allait travailler jusque dans les années 60. Jean Topart et Danielle Darrieux dans la pièce "Comme un oiseau" (extrait, 1965)
Document de l'Ina, présentation Lise Elina. Pièce mise en scène par Sacha Pitoeff. Musique : "Desafinado" (Tom Jobim)
Au cinéma, Jean Topart a tourné, entre autres, avec Jean Renoir ("Le Testament du Docteur Cordelier", 1959, un téléfilm sorti en salles), Jean Delannoy ("Le Soleil des voyous", 1966), Yves Boisset ("Coplan sauve sa peau", 1967), Werner Herzog ("Aguirre ou la colère de Dieu", 1972), Claude Chabrol ("Poulet au vinaigre", 1985), ou encore Bertrand Blier pour sa dernière apparition sur grand écran ("Les Acteurs", 2000). Jean Topart dans un bref extrait de "Poulet au vinaigre" (1985)
Le docteur Jean Topart ausculte Jean Poiret...
Par ailleurs, Jean Topart a joué dans de grandes fictions de la télévision française : "Cyrano de Bergerac" de Claude Barma (1960), "Othello" du même réalisateur (1962). Il a brillé dans le feuilleton "Rocambole" de Jean-Pierre Decourt (1964-65), ou encore "Zola ou la conscience humaine", téléfilm de Stellio Lorenzi (1978).

Son timbre et son élocution, si particuliers, ont contribué à sa notoriété, lui permettant également de doubler des voix dans des films étrangers. Il a été la voix française de Christopher Lee dans "Sleepy Hollow" de Tim Burton (1999), il a doublé Bytes dans "Elephant Man" de David Lynch (1980), le docteur dans "Birdy" de Alan Parker (1984) et Salieri dans "Amadeus" de Milos Forman (1984). Jean Topart a également prêté sa voix à des jingles radio (pour Cauet) et des publicités (pour les disques de Mylène Farmer). Jean Topart lit un extrait de "La Symphonie pastorale"
La voix de Jean Topart dans un extrait de "La Symphonie pastorale", roman d'André Gide (porté plus tard au cinéma par Jean Delannoy)
Une voix bien connue des jeunes téléspectateurs des années 1980
Jean Topart était le narrateur des documentaires qui concluaient les épisodes des "Mystérieuses Cités d'Or", ainsi que celui des dessins animés "Rémi sans famille" et "Lady Oscar". Il était enfin la voix de Zeus dans "Ulysse 31", une belle transposition de l'Odyssée d'Ulysse au 31e siècle.

"Un grand comédien populaire"
La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a rendu hommage dimanche, dans un communiqué, à Jean Topart : "C'est un grand comédien populaire qui s'en est allé, l'une des voix les plus inimitables du cinéma français."