"La Ligne" : une vie de faussaire au théâtre

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 08/02/2012 à 13H38
"La Ligne" sur la scène du Pôle Culturel de Mont-de-Marsan.

"La Ligne" sur la scène du Pôle Culturel de Mont-de-Marsan.

© France 3 Culturebox

Un destin exceptionnel : celui d'Adolfo Kaminsky est au coeur de "La Ligne", la quatrième création de la compagnie Label Etoile, en tournée pour quelques mois dans les Landes et en région Aquitaine. Pendant trente ans, ce faussaire a mis ses talents au service de la Résistance et de bien d'autres causes. Le metteur-en-scène Jean-Claude Falet lui rend hommage sur scène en adaptant le roman de la fille de cet héros de l'ombre, Sarah Kaminsky : "Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire."

 

 

"Cet Adolfo est le genre de référence dont on a besoin aujourd'hui", martèle le directeur artistique de Label Etoile. Jean-Claude Falet a découvert ce personnage sous la plume de sa fille. Son livre "Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire" paru en 2009 aux Editions Calmann-Lévy et vendu à plus de 17.000 exemplaires marque le metteur-en-scène qui décide aussitôt d'adapter le récit. Il veut saluer l'engagement du faussaire. Et quoi de plus naturel que de travailler avec l'auteur. Sarah Kaminsky accepte de participer au projet. Un an après, elle signe le texte et monte même sur scène.

 

Label Etoile présente "La Ligne".

Label Etoile présente "La Ligne".

© Label Etoile 2012

 

Le résultat de leur collaboration s'intitule "La Ligne". Le titre évoque cette ligne de conduite à laquelle Adolfo Kaminsky n'a jamais dérogé : tout faire pour lutter contre l'injustice et l'oppression. Dans ce spectacle, son combat a valeur d'exemple pour notre époque. Les trois acteurs sont là pour témoigner que "chacun à sa manière peut s'engager et défendre des causes. Et certains actes peuvent s'avérer de grands actes", soulignent Sarah Kaminsky et Jean-Claude Falet. 

Le grand acte d'Adolfo Kaminsky aura été de fournir pendant trente ans, dans la clandestinité, des faux papiers à des milliers de personnes menacées de déportation ou d'emprisonnement. Dès 1943, le jeune homme de 17 ans, né en Argentine de parents juifs russes, sauve de nombreuses vies à commencer par la sienne alors que les autorités raflent les juifs. Jour et nuit, il travaille à effacer les mentions "juif" et à échanger des photos. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, sa "carrière" se poursuit et part vivre en Algérie. Il aide la résistance algérienne dénonçant l'attitude de la France dans ce conflit. Jusqu'en 1971, ses faux papiers se retrouvent dans les mains d'opposants grecs, chiliens ou encore sud-africains. L'homme, officiellement teinturier et photographe, n'aura jamais retiré d'argent de son activité et n'aura jamais été pris. 

 

Reportage de France 3 lors de la sortie du livre "Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire".

 

Sarah Kaminsky évoque le destin de son père lors d'une conférence à Paris en 2010.

 

"La Ligne" en tournée dans les Landes :

Les 17 et 18 février 2012 au centre culturel de Léon,

Le 16 mars 2012 à la salle des fêtes de Bougue,

Le 4 mai 2012 à Morcenx.