La fréquentation des théâtres privés remonte mais l'équilibre reste précaire

Par @Culturebox
Publié le 17/01/2017 à 15H24
Au théâtre Edouard VII à Paris.

Au théâtre Edouard VII à Paris.

© Jean-Marie Liot / AFP

La rentrée a été bonne dans le théâtre privé, avec "un carton" pendant les fêtes", a indiqué mardi Bernard Murat, président du syndicat national du théâtre privé. Cependant, la situation reste "fragile" et les réserves du Fonds de soutien au théâtre privé sont "à plat", selon lui.

Les spectateurs reviennent mais tout n'est pas rose

Le patron du théâtre Edouard VII s'est dit "soulagé" lors de la traditionnelle présentation de la deuxième partie de saison. Les 85 théâtres adhérents constatent "une augmentation du nombre de billets vendus qui montre que les spectateurs ont retrouvé le chemin des salles après les attentats" de novembre 2015 à Paris.
 
Toutefois, la situation des théâtres privés reste "fragile", alors que le prix moyen des places ne cesse de s'éroder (27 euros) sous la pression des promotions des sites de vente en ligne.
 
"Nous avons tout juste maintenu notre chiffre d'affaires en 2016", a précisé M. Murat, soulignant que parallèlement les théâtres ont dû débourser 450.000 euros en dépenses de sécurité pour rassurer le public, dont un quart est pris en charge par le fond d'urgence créé par le gouvernement. "De nombreux dossiers sont dans les tuyaux", a-t-il souligné.

M.Murat en appelle aux pouvoirs publics

M. Murat appelle les pouvoirs publics à abonder le Fonds de soutien du théâtre privé, un mécanisme d'assurance qui compense partiellement les pertes en cas d'insuccès d'une pièce. Ce fonds est financé par une taxe de 3,5% prélevée sur chaque billet mais aussi par l'Etat (3,3 millions d'euros) et la Ville de Paris (2,8 millions). "Il dépense un million de plus qu'il ne fait rentrer d'argent", a observé M. Murat, et ses réserves sont à plat.
 
Les pouvoirs publics et la ville sont conscients du problème mais tardent à réagir, selon lui. "Le théâtre privé produit 250 pièces par an, soit la moitié de la production théâtrale en France et il est aidé à hauteur de 3,3 millions, sur les 700 millions affectés par le ministère à la création dans le spectacle vivant", a-t-il observé.
 
Le théâtre privé souffre aussi de la durée de vie trop courte des pièces ("il est bien rare qu'une pièce fasse plus d'une saison") et de l'insuffisance des tournées. Seulement 2 à 3% des spectacles présentés à Paris partent en tournée.