La Comédie française se délocalise à Orléans pour une pièce

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 25/01/2014 à 15H34
Le logo de la Comédie française.

Le logo de la Comédie française.

© Jean-Loup Gautreau /AFP

La Comédie française s'est associée au Centre d'art dramatique d'Orléans pour monter une création "hors les murs". "La Visite de la Vieille Dame" du Suisse Friedrich Dürenmatt, qui fait son entrée au répertoire de la troupe de Molière, y est jouée jusqu'au 9 février avant d'être donnée à Paris.

Une démarche "hors les murs" assez rare
"C'est une démarche assez rare pour nous que de créer nos spectacles hors de Paris", souligne Muriel Mayette, administratrice générale de la Comédie Française, "cela leur donne toujours le goût de l'ailleurs en faisant profiter d'autres théâtres du savoir faire de nos ateliers".
 
Dans le même esprit, la comédie française avait donné "Rituel pour une métamorphose", du Syrien Saadallah Wannous en 2013 à Marseille, ou "Le jeu de l'Amour et du Hasard" de Marivaux, au 104 à Paris en 2011. Cette fois, elle travaillé en coproduction avec le CADO (Centre national de création Orléans-Loiret) et son directeur artistique, Christophe Lidon, avec dix jours de répétitions sur place.
 
Pour cette mise en scène, l'artiste a choisi de retrouver des comédiens récemment entrés au Français qu'il connaît bien, comme Samuel Labarthe, Didier Sandre ou Danièle Lebrun.
 
La pièce
Entre drôlerie et cynisme, l'actrice campe la richissime Clara Zahanassian, de retour dans la petite ville de son enfance après des années d'absence. Les habitants de Güllen, sinistrés par la misère, espèrent que la milliardaire viendra à leur secours. Mais en échange, la vieille dame décide de s'acheter la justice et exige la tête de son amour de jeunesse, l'épicier Alfred Ill, qui l'avait reniée alors qu'elle était enceinte. D'abord horrifiée, la communauté cède peu à peu à la tentation...
 
Plus habitué du théâtre privé que des scènes publiques, Christophe Lidon ne force pas le trait de cette terrifiante histoire de mise à mort où chacun cherche à se donner bonne conscience. Piégés dans un décor aux grands murs noirs et aux issues incertaines, ses personnages, ni innocents ni coupables, se retrouvent victimes d'un monde féroce et absurde, à l'image de la vieille dame qui pousse la communauté à sacrifier le seul homme qu'elle ait vraiment aimé.
 
La pièce est jouée au Théâtre d'Orléans jusqu'au 9 février. Elle sera reprise au Théâtre du Vieux Colombier, à Paris 6e, du 19 février au 30 mars.