"Kinship" : Adjani retrouve la scène du théâtre dans un rôle de grande amoureuse

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/11/2014 à 10H49
Le retour d'Isabelle Adjani au théâtre orchestré comme un événement

Le retour d'Isabelle Adjani au théâtre orchestré comme un événement

© SIPA

Isabelle Adjani retrouve mardi soir la scène après huit ans d'absence dans "Kinship" au Théâtre de Paris, avec le rôle tragique d'une femme amoureuse, un personnage qui lui colle à la peau, au cinéma comme dans la vie.

Retour à grand renfort de publicité

Le retour de la star au théâtre est orchestré comme un événement, avec campagne de publicité dans le métro et interviews soigneusement ciblées. Sur les photos, elle semble avoir toujours les 30 ans qu'elle dit avoir "dans sa tête". 


A 59 ans, elle campe une rédactrice en chef du journal local d'une ville américaine, femme de pouvoir dont la vie va se détraquer parce qu'elle tombe sous le charme d'un jeune journaliste.

"Une relation naît qui bouleverse l'immobilisme de sa vie à la fois pour le meilleur, car elle va croire qu'elle vit quelque chose de très euphorisant, et pour le pire car tout va se mettre à dysfonctionner", a confié Isabelle Adjani dans une récente interview à l'hebdomadaire version femina.

"La presse m'a pourri la vie"

Dans "Le Monde", elle explique ainsi avoir choisi la pièce contemporaine de l'Américaine Carey Perloff parce qu'elle n'avait "jamais été jouée, même en Angleterre et aux Etats-Unis (...) C'est un champ ultralibre et tellement vaste que c'est périlleux".

Dans "Psychologies Magazine", elle revient sur ses années d'analyse et sa relation compliquée à son père algérien. L'actrice la plus tourmentée du cinéma français reconnaît avoir "une sensibilité très aiguë" et n'épargne pas "la presse (qui) m'a pourri la vie au cours de ma carrière en écrivant tout et n'importe quoi sur moi -et ça recommence à l'occasion!"

Péripéties

Isabelle Adjani ne s'étend guère sur les péripéties qui ont émaillé la création de "Kinshinp". La première, initialement prévue le 21 octobre, a été repoussée au 4 novembre et la distribution profondément remodelée. Le metteur en scène Julien Collet Vlaneck a été remplacé le mois dernier par Dominique Borg, qui s'est fait un nom comme costumière et s'est liée d'amitié avec l'actrice depuis le tournage de "Camille Claudel". Elle signera sa première mise en scène.

Le fils aîné d'Isabelle Adjani, Barnabé Nuytten, a été chargé du dispositif scénique, et les décors, jugés trop lourds, ont été abandonnés au profit d'un plateau plus dépouillé. Niels Schneider reste, dans le rôle du jeune journaliste, mais dans celui de sa mère, l'Espagnole Carmen Maura, une des actrices fétiches de Pedro Almodovar, a jeté l'éponge.

Elle est remplacée par l'Italienne Vittoria Scognamiglio, qu'on a vue récemment dans de petits rôles dans "La Délicatesse" des frères Foenkinos et dans "Une autre vie" d'Emmanuel Mouret. Autant de changements qui ne relèvent nullement du "caprice", selon le directeur du Théâtre de Paris Stéphane Hillel, mais d'une réorientation complète du projet.

Retour à ses premières amours

Pour Isabelle Adjani, ce rôle est un retour à ses premières amours : elle s'éprend du théâtre à 12 ans, et entre à 17 à la Comédie-Française, sans même passer par le Conservatoire.

Très vite happée par le cinéma, elle accède à la célébrité avec "La Gifle" de Claude Pinoteau en 1974 et met sa sensibilité à fleur au peau au service de François Truffaut en 1975 dans "L'histoire d'Adèle H".

Elle a reçu de très nombreux prix, dont plusieurs Césars ("L'été meurtrier", "Camille Claudel", "La Reine Margot", "La journée de la jupe"...) et deux prix d'interprétation féminine à Cannes pour "Possession" d'Andrzej Zulawski et "Quartet" de James Ivory (1981).

L'actrice est aussi connue pour ce qu'elle appelle elle-même ses "apparitions-disparitions": des périodes d'éclipse où elle éprouve le besoin de se retirer des "lumières" de la scène, pour mieux revenir en haut de l'affiche quelques mois plus tard.