Jean-Michel Ribes agressé à Nancy : "Je n'ai pas peur, ils sont ridicules"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/03/2012 à 13H17
Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point à Paris

Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point à Paris

© BALTEL/SIPA

L'auteur, metteur en scène et directeur du Théâtre du Rond-Point à Paris Jean-Michel Ribes a été agressé mardi soir à Nancy par deux hommes se réclamant de l'intégrisme catholique, qui lui ont jeté des excréments au visage. Les auteurs n'ont pu être interpellés. Jean-Michel Ribes s'explique dans cette interview accordée à Culturebox.

- Culturebox :  Que s’est-il passé exactement ?

- Jean-Michel Ribes : Je venais de faire une conférence à l’Opéra de Nancy sur « René l’énervé » qui commence ce soir, vers 20 h je discutais tranquillement Place Stanislas avec la direction de l’Opéra lorsque deux individus m’ont bousculé, m’ont arraché mon chapeau et ont déversé sur moi je ne sais combien d’excréments canins. Tout cela était préparé, ils ont laissé des tracts « halte à la christianophobie » puis ils sont partis en courant. J’étais dévasté".

- Aviez-vous déjà vécu des agressions de ce type ?

- JMR : Oui, mais je pense qu’on est dans un climat aujourd’hui où malheureusement la banalisation de l’extrême droite monte de plus en plus. Evidemment tout cela vient du mélange entre le fait que j’ai monté « Golgota picnic » (de l’argentin Rodrigo Garcia), qui n’était pas du tout anti-christique, au contraire c’était une réflexion sur les évangiles mais tout cela a été récupéré par des mouvements d’extrême droite déguisés en curés qui n’avaient ni vus ni lus la pièce, et le fait que « René l’énervé » (un opéra Bouffe dont Nicolas Sarkozy est le héros écrit et mis en scène par Ribbes) est joué maintenant, alors que ce n’est qu’une bouffonnerie. Il  faut avoir le sens de l’humour aussi.
La ville a été très solidaire avec moi, Laurent Hénart, qui est d’ailleurs un député de droite a été très bien, un vrai élan de soutien républicain. François Hollande m’a appelé immédiatement pour m’apporter son soutien, ce qui m’a beaucoup touché. Frédéric Mitterrand aussi. J’ai été très sensible à l’élan de solidarité des élus et des représentants de la culture. Mais ça ne me fait pas peur ! Ils sont ridicules. J'espère simplement que ça ne sera pas la bataille d'Hernani tous les soirs".