Intermittents : l'accord met en "colère" les directeurs de théâtres nationaux

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/04/2014 à 20H06
Les intermittents devant le Palais de Chaillot le 4 avril 2014

Les intermittents devant le Palais de Chaillot le 4 avril 2014

© CITIZENSIDE/VALENTINA CAMOZZA/AFP

Des directeurs de Centres dramatiques nationaux et régionaux et de centres chorégraphiques nationaux ont exprimé leur "colère" sur l'accord intervenu sur l'assurance chômage en mars qui "fragilise encore davantage les plus précaires", dans un communiqué vendredi.

Plus de 50 directeurs de théâtres publics, subventionnés par l'Etat et nommés par la ministre de la Culture, ont appelé le gouvernement à ne pas agréer cet accord intervenu le mois dernier entre partenaires sociaux (à l'exception de la CGT et de la CFE-CGC).

"J'ai commencé à en parler avec François Rebsamen (ministre du Travail) dès ce matin", a indiqué la ministre de la Culture Aurélie Filippetti lors d'une conférence de presse au Forum de Chaillot sur la Culture en Europe. "Il y a clairement une disposition qui me pose problème, c'est la disposition sur le différé du versement des droits", a indiqué la ministre.

Une étude sur les conséquences de l'accord

Un nouveau calcul du nombre de jours avant le début de l'indemnisation (différé du versement des droits) a été conclu, qui touche les intermittents aux plus faibles revenus. Les partenaires de l'Unedic en attendent une économie de 120 millions d'euros. "J'ai demandé une étude d'impact par mes services", a ajouté Mme Filippetti, et "au vu des résultats de cette étude d'impact, j'ai convenu avec François Rebsamen qu'on va se voir extrêmement rapidement pour pouvoir en tirer les conséquences, et le cas échéant alerter les partenaires sociaux sur les conséquences dramatiques que cela pourrait avoir sur certains artistes ou certains techniciens".

L'accord sur l'assurance chômage impose des mesures d'économie pour le régime spécifique des intermittents du spectacle (annexes 8 et 10) et une hausse des cotisations, sans reprendre les propositions de réforme avancées par la profession.

Colère des directeurs des théâtres nationaux 

Les directeurs et directrices des CDN (Centres Dramatiques Nationaux ) et CCN (Centre Chorégraphiques Nationaux) ont exprimé leur "colère face au mépris dont ont fait part certains partenaires sociaux qui n'ont pas pris la peine d'étudier sérieusement, ni les préconisations du Comité de suivi (réunissant parlementaires et professionnels) ni les propositions de l'étude menée par deux experts indépendants commandée par le Syndeac" (le syndicat des entrepreneurs du spectacle). Juste après l'accord, la ministre de la Culture s'était félicitée du maintien des annexes 8 et 10, estimant que leur pérennité "était un acquis considérable".

Manifestation devant Chaillot

Plusieurs dizaines d'intermittents du spectacle et de travailleurs précaires ont manifesté vendredi devant le Palais de Chaillot aux cris de "pas d'Europe sans droits sociaux", alors même que le président François Hollande rendait une visite surprise à ce forum européen organisé par la ministre de la Culture.

Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle, a pris la parole devant le Forum pour dénoncer les politiques d'austérité. "C'est intéressant de faire des grands discours mais si les budgets sont coupés comme en Irlande de 30%, en Croatie de 50% ou baissés comme en France, on aboutit à des problèmes d'emploi et de service public de la culture", a-t-il dit à l'AFP.