"Golgota Picnic" : une association perd son procès contre Jean-Michel Ribes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/12/2015 à 16H11
Le directeur du théâtre du Rond Point Jean-Michel Ribes, en octobre 2015.

Le directeur du théâtre du Rond Point Jean-Michel Ribes, en octobre 2015.

© PJB/SIPA

Une association a perdu jeudi son procès contre le directeur du théâtre du Rond-Point Jean-Michel Ribes, poursuivi pour provocation à la haine envers les chrétiens, pour avoir fait jouer en 2011 la pièce "Golgota Picnic", de l'Argentin Rodrigo Garcia. Quatre ans après des manifestations de catholiques traditionalistes ulcérés, la justice a estimé que la pièce n'incite pas à la haine.

"On n'est pas au Moyen-Âge", se félicite Jean-Michel Ribes

Vision désenchantée d'une société occidentale consumériste et individualiste, la pièce met en scène une métaphore de la Cène, présentée comme le dernier repas de l'humanité. "C'est juste une création métaphorique sur la religion et le Christ qui est bien moins obscène et terrifiante, et je dirais même pornographique, que laBible", a déclaré le directeur du théâtre Jean-Michel Ribes.

Tout comme l'éditrice du texte, également visée par la plainte, il a été relaxé par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. "La justice fort heureusement s'est aperçue qu'on n'est pas au Moyen-Âge", s'est félicité Jean-Michel Ribes, joint par l'AFP.

L'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif) reprochait à la pièce de présenter l'iconographie chrétienne comme une image de la terreur et de la barbarie, qui serait le support pour apprendre aux enfants à faire le mal.

Ce qu'on estimé les juges

Si certains propos "ont pu et peuvent (..) paraître provocants pour certains lecteurs", "ils ne sauraient pour autant être considérés comme incitant au rejet ou à la haine des chrétiens", ont estimé les juges de la chambre de la presse.

Rodrigo Garcia est "connu pour son irrévérence, son goût de la provocation", relèvent-ils, et "la plupart des propos poursuivis" ont "à l'évidence, une dimension humoristique ou satirique interdisant de les prendre au pied de la lettre", et ne peuvent "de ce fait induire une quelconque animosité ou sentiment de rejet à l'égard de ceux qui vénèrent le Christ".

De surcroît, "il n'est nullement exclu que pour l'auteur, les chrétiens , loin d'apparaître comme une cible, doivent bien davantage être considérés comme les dupes ou les victimes" du Christ tel qu'il est dépeint par le dramaturge. Pour Jean-Michel Ribes, cette pièce est "plutôt un hommage à une religion d'amour et de paix", avait -il estimé en octobre à la barre de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Lors de ses représentations en France (à Toulouse en novembre 2011 et Paris en décembre 2011), la pièce a opposé les catholiques traditionalistes, qui la jugent blasphématoire et "christianophobe", aux défenseurs de la liberté de création.