Golgota Picnic : Michael Lonsdale s'explique

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/12/2011 à 13H02
Michael Lonsdale au côté de Jean-Michel Ribes, jeudi soir à Paris

Michael Lonsdale au côté de Jean-Michel Ribes, jeudi soir à Paris

© Francois Mori/AP/SIPA

Michael Lonsdale est venu soutenir les opposants au spectacle "Golgota Picnic" au Théâtre du Rond-Point à Paris. Une présence qui a pu surprendre, même si les convictions religieuses du comédien sont connues depuis longtemps. Aujourd'hui, le comédien s'explique sur Culturebox.

Culturebox : - Etes-vous proche des intégristes de l’institut Civitas, Michael Lonsdale ?
Michael Lonsdale : - Pas du tout. Plusieurs fois, ils m’ont demandé d’écrire des choses, j’ai dit non. Je n’aime pas cette attitude de vouloir faire sa règle, ordonner des évêques, ce sont des hors la loi.

- Faites vous partie de l’association « Culture et foi, respectons-nous »
- Je ne fais pas partie de cette association. C’est une connaissance, qui en fait partie, qui m’a proposé de venir. On se connaît, on s’est vus plusieurs fois.

- Vous n’avez pas peur d’être récupéré ?
- Récupéré mon Dieu par qui ? Non c’était pour mettre les choses au clair et dire voilà je n’aime pas les œuvres agressives, méchantes, qui détruisent tout. Des spectacles qui parlent des peintures du musée du Louvre qu’il faut brûler. C’est un drôle de Monsieur ce Rodrigo Garcia, quelqu’un de blessé profondément par la religion, ça je comprends très bien. Les espagnols ont beaucoup eu ça, comme Bunuel, qui a toujours été en guerre contre tout ce qui était religieux mais qui parlait tout le temps de Dieu. Il semble avoir eu une éducation très oppressante, il a senti qu’on lui retirait sa liberté, mais ça y est il l’a retrouvée !

- Vous n’avez pas vu le spectacle ?
- J’ai lu le texte, je n’ai pas vu le spectacle mais je vais tenter de le voir.

- Quel était exactement le sens de votre démarche ?
- Je suis non violent, je n’aime pas les insultes, qu’on nous laisse tranquille. Pourquoi blesser la sensibilité chrétienne, il n’y a pas de raison.

- La spiritualité est un critère de choix de vos rôles ?
- Oui, évidemment avec des Hommes et des Dieux c’était l’absolu de ce que je voulais faire. J’ai beaucoup aimé être le frère Luc. Mais il n’y a pas souvent des choses comme ça.

- Le résumé de cette folle soirée serait-il : le Christ est bien vivant ?
- J’étais stupéfait, à Notre Dame il y avait 4 000 personnes vous vous rendez compte. Ça ne pouvait plus contenir tellement il y avait de gens. Ça s’est passé très tranquillement. On était ensemble. C’était vraiment impressionnant. Il y a des gens attristés je crois, l’insulte n’est jamais quelque chose de positif, c’est une faiblesse. Je comprends qu’on soit révolté, mais j’aime l’art qui nous fait rêver, qui nous émerveille.

- L’art a fait du Christ un chef d’œuvre ?
- Oui alors Que Rodrigo les dénonce. Les tableaux se passeront de son regard.

REGARDEZ : Michael Lonsdale dans "Des Hommes et des Dieux"