Desplechin, Vassiliev et Braunschweig à la Comédie-Française la saison prochaine

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/06/2015 à 12H35
La première mis en scène de théâtre d'Arnaud Desplechin 

La première mis en scène de théâtre d'Arnaud Desplechin 

© Pierre Andrieu

Eric Ruf a présenté lundi sa première saison à la tête de la Comédie-Française, où il invite le cinéaste Arnaud Desplechin en ouverture de saison pour sa première mise en scène de théâtre, "Père" d'August Strindberg, et les metteurs en scène Anatoli Vassiliev et Stéphane Braunschweig.

Arnaud Desplechin et le "Père" d'August Strindberg

Arnaud Desplechin montera la pièce du Suédois salle Richelieu. S'il n'a jamais mis en scène au Français, le cinéaste a déjà fait tourner plusieurs de ses comédiens vedettes - Denis Podalydès et Michel Vuillermoz dans "Comment je me suis disputé ... (ma vie sexuelle)" - et a tourné avec la troupe une fiction pour Arte, "La Forêt", du "Molière russe" Alexandre Ostrovski.

Desplechin a commencé par soumettre à Eric Ruf "la liste complète des cinéastes qui s'étaient plantés en passant au théâtre", avant finalement d'accepter, sourit l'administrateur.

La jeune génération pointe son nez: au Studio-Théâtre, la rentrée sera très rock, avec une création de la jeune Marie Rémond et de son complice et comédien du Français Sébastien Pouderoux sur l'histoire de la chanson culte de Bob Dylan "Like a rolling stone" ("Comme une pierre qui ..."). "La jeune troupe de la Comédie Française est très férue de rock, j'espère un boeuf réjouissant", a lancé Eric Ruff lors de la présentation de saison lundi.

David Lescot et "Les derniers jours de l'humanité"

David Lescot, qui a placé l'histoire et la Shoah au cœur de son travail ("Ceux qui restent") va mettre en scène le grand texte sur la première guerre mondiale de l'écrivain autrichien Karl Kraus, "Les derniers jours de l'humanité".

La nouvelle génération est très féminine: outre Marie Rémond, Maëlle Poésie (la soeur de Clémence qui avait tourné dans "Harry Potter") monte deux courtes pièces de Tchekhov, et Chloé Dabert va créer hors les murs, au Centquatre "Nadia C.", d'après le roman de Lola Lafon "La petite communiste qui ne souriait jamais".

Pas de géants de la scène européenne

De grandes pointures françaises -Alain Françon pour "La Mer" d'Edward Bond-et internationale -le Russe Anatoli Vassiliev pour "La Musica deuxième" de Duras- sont invités à travailler avec la troupe. Mais les géants de la scène européenne que souhaitait faire venir Eric Ruf -Thomas Ostermeier, Deborah Warner, Katie Mitchell ne sont pas au rendez-vous.

"Lorsque j'ai invité Thomas Ostermeier dans mon bureau, il m'a dit +trop de bustes en plâtre+", raconte Eric Ruf. "C'est un musée!" aurait lancé le metteur en scène allemand. Eric Ruf ne renonce pas pour autant, mais "ça prend du temps. La Comédie-Française n'est pas pour l'instant dans l'angle de vision de ces metteurs en scène internationaux", reconnaît-il. Toutefois, une création de la saison, pas encore annoncée car pas totalement bouclée, pourrait se réaliser avec l'un d'eux, a-t-il avancé.

Stéphane Braunschweig et "Britannicus" de Racine

En attendant, des metteurs en scène français de renom sont à l'affiche, comme le directeur du théâtre de la Colline Stéphane Braunschweig, candidat malheureux au poste d'administrateur de la Comédie-Française, qui viendra monter "Britannicus" de Racine. Jean-Louis Benoit, un fidèle de la maison qui n'était plus venu depuis 11 ans, proposera en novembre au Vieux Colombier "Les rustres" de Goldoni.

Christian Hecq et "20.000 lieues sous les mers"

Comme lors des dernières saisons de Muriel Mayette, plusieurs nouvelles productions sont signées des comédiens du Français eux-même. Christian Hecq va monter "20.000 lieues sous les mers" de Jules Verne au Vieux Colombier et Eric Ruf mettra en scène "Roméo et Juliette" de Shakespeare salle Richelieu. Claude Mathieu va concocter un "cabaret Léo Ferré" au Studio-Théâtre.

Beaucoup de reprises cette saison, dont "Le Misanthrope" de Clément Hervieu-Léger, "La maison de Bernarda Alba" qu'on peut voir en ce moment salle Richelieu, "La Double Inconstance" montée par Anne Kessler, l'inoxydable "Cyrano" signé par Denis Podalydès et les non moins populaires "Un chapeau de paille d'Italie" et "Un fil à la patte".