Denis Podalydès lit la correspondance de Jean Vilar à sa femme

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/10/2012 à 13H22
Jean Vilar, une vie pour le théâtre

Jean Vilar, une vie pour le théâtre

© James, Claude / INA

Le Théâtre National de Chaillot rend hommage mercredi à Jean Vilar, né il y a 100 ans, avec une lecture par Denis Podalydès d'extraits de ses lettres à sa femme Andrée, où explosent les désirs et frustrations du fondateur du festival d'Avignon.

14 juillet 1947: "Tout Paris danse dans les rues" mais Vilar, seul à Paris, travaille "enchaîné à Avignon et à tout ce que cette affaire implique". Il est las de se battre face à tous les conservatismes qui entravent son aventure mais pas vaincu : "Merde! Avignon réunira et Avignon donc existera". De fait, la "Semaine d'Art Dramatique", qui deviendra "Festival d'Avignon", un an plus tard, naît dans la Cour d'honneur du Palais des papes en 1947. Jean Vilar dirigera le festival jusqu'à sa mort, le 28 mai 1971.

 
"J'ai l'intention d'abandonner", écrit-il en février 1950 à sa femme. "L'Etat n'a pas fait, au bout de trois ans, ce qui était en son devoir": cet "orgueilleux" selon ses propres termes, fustige "cette connerie des gens qui ne comprennent pas que je suis un des rares gars, bêtes à ce point qu'ils sont capables de sacrifier leur fric et leur santé pour un prestige réduit"...
 
Festival d'Avignon 1967: interview de Jean Vilar

En 1954, il s'exaspère de voir les crédits du TNP de Chaillot (qu'il dirige de 1951 à 1963) réduits de 25%. Le TNP, que Vilar conçoit comme un service public fait pourtant le plein (5 millions d'entrées en 12 ans, dont 486.000 la dernière année). Vilar fulmine, "imagine" que "tout et tous sont dans le coup pour cela : du Français (la Comédie française, dont il dénonce le conservatisme) à Hébertot, du ministre aux hauts fonctionnaires des Finances qui n'aiment que les traditions merdeuses du Français".
 
Jean Vilar devant le Théâtre National de Chaillot

Jean Vilar devant le Théâtre National de Chaillot

© Agnès VARDA / Agence Enguerand
 
"On verra", lance-t-il, vengeur. Jusqu'au bout, Vilar a porté haut son exigence et ses rêves, ceux du "petit Sétois que je suis toujours resté" et "qui aurait vécu dans la peau d'Hercule, de Thésée mais aussi avec la douloureuse poitrine de Tchekhov, les folies de Baudelaire et le squelette craquant de Voltaire".
 
- Soirée Jean Vilar au Théâtre national de Chaillot le 31 octobre, avec la projection du film "Vilar par lui-même" et la lecture d'extraits de sa correspondance à Andrée Vilar par Denis Podalydès.
- Exposition gratuite "Le Monde de Jean Vilar" jusqu'au 13 décembre. Grand Foyer du Théâtre de Chaillot (1, place du Trocadéro. 75016 Paris. Tél : 08.99.10.65.94).