Décès de l'actrice Rosy Varte

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/01/2012 à 14H54
Rosy Varte (à droite) en compagnie de Marthe Villalonga, en 1996.

Rosy Varte (à droite) en compagnie de Marthe Villalonga, en 1996.

© MaxPPP

La comédienne Rosy Varte, qui avait interprété le rôle titre de la série télévisée à grand succès Maguy, est décédée au cours de la nuit de vendredi à samedi à l'hôpital américain de Neuilly, des suites d'une infection pulmonaire, a annoncé son époux Pierre Badel. Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a rendu hommage dimanche à cette "actrice populaire, au sens le plus noble du terme".

D'origine arménienne, née en novembre 1923 (ou 1927) en Turquie, à une époque où il n'y avait pas encore d'état civil, celle dont le vrai nom était Nevarte Manouélian (Nevarte veut dire "la rose" en arménien, selon Pierre Badel) avait rejoint la France alors qu'elle était tout bébé.

Inoubliable "Maguy"
Elle avait commencé sa carrière au théâtre avec Jean Vilar et joué dans une quarantaine de films, mais Rosy Varte restera avant tout dans les mémoires comme l'interprète du rôle-titre de "Maguy", l'une des séries télévisées les plus populaires des années 80, diffusée le dimanche soir sur France 2. Pour ce rôle, qui a fait le bonheur des téléspectateurs durant 333 épisodes, elle avait remporté en 2007 le 7 d'or de la meilleure comédienne ainsi que le Prix européen de la meilleure sitcom.

Spécialisée dans les rôles comiques, Rosy Varte interprétait dans "Maguy" une bourgeoise quinquagénaire du Vézinet (avec un Z), à l'énergie débordante et aux brushings vaporeux. "Ma'me Maguy", comme l'appelait la femme de ménage Rose Le Plouhannec (Marthe Villalonga), menait son monde à la baguette et au premier chef son troisième mari, Georges, incarné par Jean-Marc Thibault. La musique dugénérique reste dans les mémoires : "elle voit souvent rouge, avec elle ça bouge...".

Le public ne l'a pas oubliée, comme en témoignent les nombreuses réactions dimanche notamment sur l'internet après l'annonce de son décès : "Elle était drôle", "c'est toute ma jeunesse qui revient", "c'était une grande actrice de théâtre, qui m'a enthousiasmé quand elle jouait Juliette dans "Roméo et Juliette" à la télévision.
 
Le théâtre où elle avait débuté restait sa priorité
Rosy Varte avait commencé sa carrière sur les planches. Après avoir joué dans plusieurs théâtre parisiens (Comédie des Champs-Elysées, Théâtre Edouard VII, Vieux Colombier, Théâtre de l'atelier...), elle avait fait partie du TNP de Jean Vilar, où elle avait créé Ubu roi en 1958. "Mon plus grand choc", disait-elle en 2005 dans une interview au Parisien. "Travailler avec Jean Vilar fut non seulement une école mais un grand bonheur".

Pendant trois ans elle fut ensuite pensionnaire de la Comédie française, mais, disait-elle, "ce n'était pas ma maison". Le théâtre était resté sa priorité. Elle a terminé sa carrière théâtrale avec en 1997 "la Mamma" d'André Roussin, au théâtre de la Madeleine.

Rosy Varte a tourné au cinéma avec les plus grands
Pendant près de 40 ans, elle a aussi joué dans des dizaines de films, comme "Manon" (Henri-Georges Clouzot), "French cancan" (Jean Renoir), "Peur sur la ville" (Henri Verneuil), "L'amour en fuite" (François Truffaut), "Garçon!" (Claude Sautet)...

Rosy Varte a participé à d'innombrables téléfilms et à des feuilletons, comme "Noëlle aux quatre vents". Elle a aussi prêté sa voix, à plusieurs reprises, à l'émission dramatique "Les maîtres du mystère". Sa dernière apparition à la télévision datait de 2007, avec le téléfilm "Hubert et le chien".

Elle était officier de la Légion d'honneur.  Une messe sera dite jeudi à 10h15 à l'Eglise arménienne de Paris, rue Jean Goujon, a indiqué Pierre Badel.

Hommage du ministre de la Culture
Frédéric Mitterrand a rendu hommage dimanche à Rosy Varte, "une grande figure du théâtre, du cinéma et de la télévision" et "une actrice populaire, au sens le plus noble du terme". "Sa carrière reflète un appétit de la vie et une formidable curiosité caractéristiques de sa personnalité".

Pour le ministre, "cette femme restée fidèle à ses origines arméniennes, sympathique et très discrète, s'intéressant plus à son métier qu'à sa renommée, restera pour beaucoup l'inoubliable Maguy". "Plusieurs générations de téléspectateurs auront été marqués par sa pétulance, sa drôlerie, sa générosité exceptionnelle", a-t-il encore souligné.