Décès d'Adel Hakim, co-directeur du Théâtre des Quartiers d'Ivry

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/08/2017 à 15H52, publié le 30/08/2017 à 12H32
Adel Hakim, ancien co-directeur du Théâtre des Quartiers d'Ivry.

Adel Hakim, ancien co-directeur du Théâtre des Quartiers d'Ivry.

© Nabil Boutros

Le dramaturge Adel Hakim, co-directeur du Théâtre des Quartiers d'Ivry, Centre Dramatique National du Val-de-Marne, est décédé chez lui mardi à l'âge de 64 ans, a annoncé le théâtre.

Auteur, metteur en scène, acteur, Adel Hakim se battait courageusement contre une maladie dégénérative depuis trois ans, continuant de créer et de participer à l'aventure du Théâtre des Quartiers d'Ivry.
 
D'origine égyptienne, il était né le 13 octobre 1953 au Caire, avait vécu en Egypte puis au Liban avant de s'installer en France en 1972 pour suivre ses études, dont un doctorat de philosophie.

Au Théâtre des Quartiers d'Ivry depuis 1992 

Formé au théâtre avec Ariane Mnouchkine et John Strasberg, il rencontre au Théâtre du Soleil Elisabeth Chailloux, avec qui il fonde en 1984 le Théâtre de La Balance à Paris.
 
En 1992, ils prennent la succession de Catherine Dasté à la direction du Théâtre des Quartiers d'Ivry (créé par Antoine Vitez en 1972). Le théâtre devient Centre Dramatique National du Val-de-Marne en 2003.

Malade, il n'avait pu prendre la parole lors de l'inauguration en décembre dernier de la Manufacture des oeillets, un projet que l'équipe portait depuis plus de dix ans.

Des pièces jouées en arabe 

Le nouveau lieu magnifiquement rénové a accueilli en janvier deux pièces jouées en arabe par les acteurs du Théâtre national palestinien, "Antigone" de Sophocle et "Des Roses et du Jasmin", une création d'Adel Hakim.
 
En 2012, "Antigone" avait reçu le Prix de la Critique du meilleur spectacle étranger.

Metteur en scène et auteur de textes

Metteur en scène (Eschyle, Botho Strauss, Goldoni, Pirandello, Shakespeare, Sophocle, Gabriel Calderon, Marivaux...), Adel Hakim était aussi auteur de textes dont certains ont été traduits et joués à l'étranger, comme "Exécuteur 14", sur la guerre du Liban, créé en 1991 au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.
 
Il a créé, avec Le Théâtre des Quartiers du Monde, des spectacles avec des acteurs kirghizes, chiliens, uruguayens, palestiniens.
 
Adel Hakim avait souhaité abréger ses souffrances avec l'aide de l'association Dignitas à laquelle il avait adhéré. Son état de santé l'a empêché de se rendre comme il l'avait souhaité en Suisse.
 
Il laisse une lettre intitulée "Libre adieu", dans laquelle il explique son choix et défend le suicide assisté, déplorant que cette "liberté" soit "interdite par la législation française".