Dans les coulisses du cours Florent : être acteur ou ne pas être

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/05/2013 à 09H11
François Florent (debout au centre), fondateur et Directeur général du Cours Florent pose avec ses anciens élèves à l'occasion du 40e anniversaire de la prestigieuse école. 

François Florent (debout au centre), fondateur et Directeur général du Cours Florent pose avec ses anciens élèves à l'occasion du 40e anniversaire de la prestigieuse école. 

© FRANCOIS GUILLOT / AFP

C'est la plus prestigieuse enseigne d'arts dramatiques en France. La méthode d'apprentissage du cours Florent est basée sur une série d'auditions pour les 1500 apprentis comédiens. Elle permet de juger en continu des progrès des pensionnaires. Nous avons suivis Thibault et Fannie, en plein stress des examens de fin d'année.

Reportage France 2 : A. Monteux, B. Jeunehomme, J. Martin, A-C. Becquet
Fondé en 1967 par le comédien François Florent, le cours Florent assure une formation de choix pour tous les jeunes qui se destinent à une carrière théâtrale ou cinématographique. Avec une formation de 3 ans qui propose des options adaptées aux besoins du futur comédien et un haut niveau d'exigence, elle est réputée comme la plus prestigieuse enseigne d'apprentissage des arts dramatiques en France.

N'oublions pas pour autant le dauphin lyonnais, l'ENSATT, qui redouble de qualité chaque année et prépare aussi à tous les métiers autour du théâtre.

Une équipe de France 2 a rencontré deux apprentis comédiens du cours Florent, Thibault et Fannie, en plein stress avant les examens... L'occasion de se plonger dans le quotidien des comédiens de demain. 

Une école prestigieuse
Thibault a tout lâché pour se consacrer à sa passion : le théâtre. Si certains ont une vocation précoce, lui a découvert l'univers des planches sur le tard et a été fasciné par la richesse créative qui s'en dégage. "C'est un métier où on peut faire plein de métiers en même temps", explique-t-il.

Outre l'apprentissage du jeu dispensé par des professionnels du spectacle, la renommée de "Florent" vient en particulier de sa "Classe libre" animée un temps par Francis Huster, une formation d'une durée de deux ans accessible par un concours national des plus difficiles. Autant dire que seule une poignée de personnes triées sur le volet peuvent y entrer...  Autre plus value, la pléiade d'acteurs prestigieux sortis de "Florent" (Adjani, Jaoui, Gad Elmaleh...) et ses réussites ininterrompues depuis 1967 au concours d'entrée du Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris. 

Illusions et désillusions : un chemin semé d'embûches
Et puis il y a le réseau. Si sortir diplômé du cours Florent est loin d'assurer les acteurs de décrocher des rôles, ils peuvent tisser des liens avec les professeurs et les autres élèves et être repérés par des professionnels du spectacle qui passent régulièrement lors des différentes représentations de l'école. Mais le hic, dont la faute n'incombe pas directement à "Florent", c'est qu'il y a beaucoup d'appelés pour peu d'élus.

En moyenne, c'est seulement un élève sur dix qui deviendra comédien professionnel. Beaucoup voient ainsi leurs rêves brisés et errent de petits rôles en petits rôles pour sauvegarder un statut d'intermitent déjà difficile à obtenir. Côté prix aussi, c'est là que le bât blesse. 4000 euros l'année plus de quoi se loger à Paris, ce n'est pas facile pour tout le monde.

NB : On ne saurait trop vous recommander "Esther Kahn" (2000), le bouleversant film d'Arnaud Despléchin, véritable hymne au théâtre, l'une des oeuvres les plus édifiantes qu'il nous ait été donné de voir sur cet univers si particulier, traduisant en images l'essence d'un art millénaire.
Bande annonce du film "Esther Kahn" d'Arnaud Despléchin (2000)