Benjamin Lazar fait revivre une oeuvre sulfureuse et méconnue de Savinien de Cyrano de Bergerac.

Pièce d’après le texte de Savinien de Cyrano de Bergerac. Spectacle créé en mai 2oo4 à l’Académie Bach d’Arques-la-Bataille.

Derrière le nom, derrière le nez, qui se cache derrière la silhouette familière de Cyrano de Bergerac ? Connaît-on Savinien de Cyrano de Bergerac, romancier du XVIIe siècle, polémiste et libre-penseur, philosophe et escrimeur, qui écoutait les cailloux parler aux rivières, et s’envolait au-dessus des nuées, vers la lune, lesté de fioles de rosée ?
Avec ce spectacle – déjà présenté à l’Athénée en 2008 –, mais aussi avec Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé et de nombreuses mises en scène d’opéra, Benjamin Lazar a porté très haut la gestuelle et la diction baroques, dont il est devenu le passeur éclairé. Entouré de musiciens et de bougies, il fait revivre une œuvre méconnue, bien plus sulfureuse qu’on ne l’aurait supposée, vouée à circuler sous le manteau jusqu’à la mort de son auteur pour ne paraître dans sa version non expurgée qu’au XXe siècle, et qui n’a rien perdu de son pouvoir poétique. Anticipation, utopies, sciences, religion, fantaisie… Voyageant à travers l’espace comme à travers les siècles, L’Autre Monde ou les États et Empires de la Lune demeure une ode subversive à la liberté.         
 
Ce récit est le premier roman français de science-fiction, à la pointe des théories scientifiques de son temps : on y trouve une étonnante démonstration de la rotation de la Terre autour du Soleil, des machines volantes de toutes sortes, des repas de fumées, des livres qu’on lit « avec les oreilles »…
 
Persuadé que l’astre lunaire est un monde comparable au nôtre, le narrateur de ce récit entreprend de s’y rendre. Un premier essai le mène au Canada, d’où il parvient, presque par accident, sur la Lune, mais pour se voir aussitôt capturé par ses habitants.
Géants à visage humain, les « lunaires » vont à quatre pattes, communiquent pour les uns au moyen d’un langage musical, pour les autres au moyen d’un langage gestuel. Ils se nourrissent d’odeurs et dorment dans des lits de fleurs, pratiquent caresses et massages en tant que marques d’hospitalité. La poésie est leur monnaie, leurs livres des documents sonores qui offrent la possibilité aux lunaires de se cultiver dès leur plus jeune âge, sans avoir à passer par le long apprentissage de la lecture. Les vieillards, qui plus est, honorent la jeunesse et les pères obéissent à leurs enfants dès qu’ils ont atteint l’âge de raison.
L’infortuné terrien est traité quant à lui en bête de foire. Par bonheur, il retient un jour l’attention d’un ancien habitant du Soleil ayant séjourné autrefois sur la Terre …
Roman philosophique, roman d’aventures palpitant et drôle, ce conte touche par son mélange constant d’ironie et de mélancolie. Un escabeau de bibliothèque, une chaise, un haut pupitre de travail sont tour à tour sollicités par le récit pour devenir machine volante, dragon de feu, prison, cheminée, théâtre de marionnettes… Tels les nobles de la Lune qui parlent en musique, deux joueurs d’instruments anciens ponctuent le récit de leur présence énigmatique et émouvante.

Distribution

  • Date 15 novembre 2013
  • Durée 1h 45min
  • Production Bel Air Media
  • Réalisation Corentin Leconte
  • Auteur Savinien de Cyrano de Bergerac
  • Metteur en scène Benjamin Lazar
  • Regard sur la mise en scène Louise Moaty
  • Scénographie et costumes Adeline Caron
  • Maquillages Mathilde Benmoussa
  • Recherche musicale Florence Bolton, Benjamin Perrot
  • Ensemble La Rêveuse Florence Bolton - dessus et basse de viole / Benjamin Perrot - théorbe, guitare et luth baroques

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