Festival de la Correspondance de Grignan : Jacques Copeau et Louis Jouvet, le bel avenir

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/07/2014 à 15H49
Jacques Copeau et Louis Jouvet, le bel avenir avec Claude Duparfait et Thierrey Vinçon

Jacques Copeau et Louis Jouvet, le bel avenir avec Claude Duparfait et Thierrey Vinçon

© Léopold Baqué

De toutes les correspondances échangées pendant la Grande Guerre, celle de Jacques Copeau et de Louis Jouvet est sans doute une des plus lumineuses. Deux hommes fous de théâtre dont la passion dévorante traverse tous leurs échanges, incarnés par Claude Duparfait et Thibault Vinçon et dont on retrouve avec bonheur les écrits sur la scène du festival de Grignan qui se tient jusqu'au 6 juillet.

Une passion commune
Passion, quand tu nous tiens… S’il y a deux hommes qui partageaient la même passion, c’est bien Jacques Copeau et Louis Jouvet. En 1913 Jacques Copeau qui exècre le théâtre tel qu’il est devenu, figé et prétentieux, entreprend de rénover la scène française et fonde le Théâtre du Vieux Colombier à Paris. Il embauche Louis Jouvet comme régisseur puis comédien. C’est le début d’une profonde amitié qui les liera pour toujours, même si, plus tard, leurs chemins se sépareront.
Photo non datée de Jacques Copeau, fondateur du théâtre du Vieux-Colombier en 1913

Photo non datée de Jacques Copeau, fondateur du théâtre du Vieux-Colombier en 1913

© AFP
L’aventure commence dans l’enthousiasme. Jacques Copeau veut privilégier l’audace et la création. Il pense déjà à l’ouverture d’une école d’art dramatique. Louis Jouvet, de son côté a tous les talents. Il est tour à tour électricien, accessoiriste, menuisier, décorateur, et bien sur acteur. Son génie explosera dès son retour de Front.

Car entretemps la guerre est déclarée, et Jouvet, qui a une formation de pharmacien est mobilisé comme médecin auxiliaire. Tandis que Jacques Copeau, lui, est rapidement réformé pour un début de tuberculose pulmonaire. Pour eux, un long chemin de patience commence, mais aussi une riche correspondance. Et de quoi parlent-ils ?  De ce qu’ils vivent au quotidien bien sûr, mais surtout de leur dévotion commune au théâtre !
Louis Jouvet en 1946. L'acteur de cinéma et homme de théâtre prendra en mains en 1934 la destinée du Théâtre de l'Athénée

Louis Jouvet en 1946. L'acteur de cinéma et homme de théâtre prendra en mains en 1934 la destinée du Théâtre de l'Athénée

© AFP / Staff
Le bel avenir
 « Il faut préparer le bel avenir » écrit Copeau « Nous ferons ensemble de grandes choses quand la paix nous sera rendue ! » Et au milieu des bassins, des pansements, des seringues, alors que flotte partout une odeur de pus et de sang, Jouvet rêve décors, éclairage, maquettes et nouveaux spectacles… Echange touchant que celui de ces deux hommes pris dans la tourmente de la guerre, qui cachent leurs émotions  sous le masque de l’humour.
Jouvet appelle Copeau « Mon bon patron ». Copeau le gratifie de « Mon petit » avec une affection toute paternelle.
C’est d’ailleurs peut-être ce qui sera à l’origine de leur différend plus tard, le père devenant trop exigeant, voire tyrannique, et le fils en quête d’indépendance, voulant exister par lui-même…
Un différend qui n'entâmera en rien leur feu sacré. Tous deux se dépenseront sans compter pour l'avènement d'un théatre moderne où le texte est roi et l'imagination sa reine.

Festival de la Correspondance de Grignan
4 rue de l'hôpital, 26230 Grignan
Tél. 04 75 46 55 83 - Du 1er au 6 juillet 2014