"The Dictator" : Sacha Baron Cohen prend du galon

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/06/2012 à 11H06
Sacha Baron Cohen est "The Dictator" de Larry Charles

Sacha Baron Cohen est "The Dictator" de Larry Charles

© Paramount Pictures France

De Larry Charles (Etats-Unis), avec : Sacha Baron Cohen, Anna Faris, Ben Kingsley, John C. Reilly - 1h23 - Sortie : 20 juin

Synopsis : Isolée, mais riche en ressources pétrolières, la République du Wadiya, en Afrique du Nord, est dirigée d’une main de fer par l’Amiral Général Aladeen. Il doit se rendre à New York pour répondre aux questions de l’ONU, où il est fraîchement reçu....

"The Dictator" : la bande-annonce

Trois dictateurs pour le prix d'un
C’est la troisième collaboration entre Sacha Baron Cohen et le réalisateur Larry Charles, après « Borat » et « Brüno ». Toujours aussi « à l’Ouest », après son journaliste kazakh et son homosexuel autrichien « trendy », Sacha Baron Cohen endosse la défroque d’un dictateur proche-oriental dans lequel se retrouvent caricaturés Saddam Hussein, Omar Kadhafi et Kim Jong Il, le film étant dédié au dictateur coréen décédé en décembre 2011.

Une provocation parmi d’autres, drôles et incisives, menées jusqu’à l’absurde, dans la lignée des Monty-Python. Pas moins de quatre scénaristes, dont Sacha Baron Cohen, ont collaboré au script plus élaboré que dans les autres opus. Si « The Dictator » fait appel à des scènes « volées » dans la rue avec la participation de passants « piégés », elles sont plus limitées que dans « Borat ». L’intrigue est également plus creusée, pour faire le portrait de cet illuminé mégalomane, donc dangereux, mais perd en spontanéité.

Sacha Baron Cohen : "The Dictator" de Larry Charles

Sacha Baron Cohen : "The Dictator" de Larry Charles

© Paramount Pictures France

Grosse artillerie
Caricaturiste, « The Dictator » est bien entendu un portrait à charge des modèles dont il s’inspire, sur le ton du burlesque et d’un humour qui ne se gêne pas de verser dans le scatologique. C’est dire si la grosse artillerie est de sortie. De ce point de vue, le film ne cherche pas à rivaliser avec son illustre prédécesseur, « Le Dictateur » de Chaplin. De tous les plans, Sacha Baron Cohen parvient toutefois à inspirer de l’empathie vis-à-vis de son personnage ignominieux, grâce à son histoire d’amour avec une militante écologiste réfractaire à l'épilation (!).

La mise en scène ne manque pas non plus d’ampleur, avec son palais des mille et une nuits parsemé de portraits à la gloire du dictateur plus hilarants les uns que les autres, son décorum kitsch, sa figuration imposante, la présence de Ben Kingsley, et les surprises qui émaillent le film aux dialogues qui frisent parfois le surréalisme. Dommage toutefois que certains gags soient désamorcés pour avoir été inclus à la bande-annonce. Jubilatoire.