"Parle-moi d’amour" de Philippe Claudel : rien qu'une scène de ménage

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Publié le 27/02/2017 à 14H21
"Parle-moi d'amour" de Philippe Claudel

"Parle-moi d'amour" de Philippe Claudel

© Christophe Vootz

L’affiche intrigue : une pièce de l'écrivain réalisateur Philippe Claudel, la seconde après le monologue "Le Paquet", créée en 2008 et reprise aujourd'hui à "La pépinière Théâtre" ; un duo d’acteurs à fort tempérament, Caroline Sihol et Philippe Magnan. On ne s’est pas ennuyé, on a même ri. Mais avec ce sentiment gênant de perdre un peu son temps.

Ils rentrent passablement exaspérés d’un pince fesses organisé par l’entreprise de Monsieur. Il lui reproche sa connivence avec un de ses collègues qu’il déteste. Elle lui renvoie sans ménagement sa servilité face au patron, son carriérisme, ses écarts et ses négligences, elle qui s’est sacrifiée pour s’occuper des enfants. 

"Parle-moi d'amour" à la Pépinière théâtre

"Parle-moi d'amour" à la Pépinière théâtre

© Christophe Vootz

Noms d’oiseaux, vacheries, insultes, la querelle s’envenime, les mots deviennent couteaux, poison. Parlez-moi d’amour, c’est une heure trente de scènes de ménages, relancées de façon souvent artificielle, scènes de ménages qui au final n’en font qu’une. Et Philippe Claudel voudrait que ces deux-là s’aiment encore !

Caroline Sihol et Philippe Magnan

Caroline Sihol et Philippe Magnan

© Christophe Vootz.

Alors bien sûr il y a la charmante Caroline Sihol et ses illusions balayées, Philippe Magnan, monstre de mauvaise foi mais qui peine, lui, à nous faire croire à son côté volage. En vieux routiers du théâtre ils sauvent notre soirée. Mais on aurait attendu de l’auteur des "Ames grises", du "Rapport de Brodeck", du réalisateur d’"Il y a longtemps que je t’aime"… un texte à la fois plus incisif et plus tendre, et surtout plus original.