"A vies contraires" au Théâtre des Variétés régénère le vaudeville

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/03/2014 à 14H40
Alexandre Texier Laetitia Giorda et Julien Roullé-Neuville dans "A vies contraires" de  Julien Roullé-Neuville 

Alexandre Texier Laetitia Giorda et Julien Roullé-Neuville dans "A vies contraires" de  Julien Roullé-Neuville 

© Camille

Quatre personnages en quête de sens. Si le décor d’"A vies contraires" - de et avec Julien Roullé-Neuville au Théâtre des Variété à Paris, au moins jusqu’au 5 avril - reconstitue un déménagement, c’est qu’il y a du mouvement dans l’air. Pas tant dans la mouvance des protagonistes, mais dans leur sentiments, avec à la clé un sacré rebondissement à garder secret pour le savourer pleinement.

Scènes de la rupture conjugale
Julie et Arno viennent de rompre. Il se retrouve seul au milieu de ses cartons de déménagement dans une humeur nauséeuse, en plein chamboulement intérieur et matériel. Seul ? Pas tout à fait, puisque débarquent à l’improviste, après une longue route, Sophie et Daniel, couple qui a un « petit service » à lui demander. « Petit service » ? Un euphémisme…

Si la rupture et le désarroi d’Arno (Alexandre Texier) prend un peu de temps dans l’exposition de l’intrigue, le rythme s’accélère rapidement une fois le contexte posé. Julien Roullé Neuville, conscient de cette construction, assume son désir d’installer la situation psychologique dans laquelle se trouve son personnage, afin de mieux traiter sa confrontation avec les deux amis trublions qui viennent s’ajouter à ses déboires. La confrontation de ces trois là - Alexandre Texier donnant la réplique à Laetitia Giorda (Sophie) et Daniel (Julien Roullé-Neuville) - ne manque pas de sel, pimentée par des dialogues qui font mouche à chaque réplique.
Julien Roullé-Neuville, Laetitia Giorda, et Alexandre Texier dans "A vies contraires" de Julien Roullé-Neuville

Julien Roullé-Neuville, Laetitia Giorda, et Alexandre Texier dans "A vies contraires" de Julien Roullé-Neuville

© Camille
Modernité
Le rire fuse dans des échanges essentiellement resserrés entre Arno, Sophie et Daniel, Julie (Martine Montaut) n’intervenant qu’en ouverture et clôture de la pièce. Si le ton de comédie distancie le propos du réalisme, la modernité du sujet reflète bien les rapports sociaux et problématiques de l’époque. Tout cela sonne juste, d’autant que les acteurs s’y donnent à cœur joie dans des joutes où Arno rame à tirer son épingle du jeu, après une rupture difficile, et à gérer ses hôtes impromptus, demandeurs d’une requête qui, selon eux, il « ne pourra pas refuser »…

A l’écriture, Julien Roullé-Neuville renouvelle le vaudeville en s’extirpant des portes qui claquent, même s’il passe par la case armoire, comme par hommage. Le décor est minimaliste, cantonné à un appartement jonché de cartons et d’un canapé, comme un champ de bataille conjugal après l’orage. Mais les comédiens occupent la scène avec dynamisme et une mise en bouche savoureuse de leur texte. Les tonalités et gestuelles participent grandement de son impact, irrésistible. Une soirée réussie.
"A Vies contraire" de Julien Roullé Neuville au Théâtre des Variétés

"A Vies contraire" de Julien Roullé Neuville au Théâtre des Variétés

© DR
A vies contraires au Théâtre des Variétés
De Julien Roullé Neuville - Mise en scène Judith D'Aleazzo
Avec : Alexandre Texier, Laetitia Giorda, Julien Roullé-Neuville, Martine Montaut

7 Boulevard Montmartre, 75002 Paris
Du mardi au samedi à 20h45
Jusqu’au 5 avril 2014 (prolongations possibles)