Comédie-Française : la grève devait s'achever samedi, sans accord

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/12/2011 à 09H25
La Comédie-Française, à Paris (19/02/2004)

La Comédie-Française, à Paris (19/02/2004)

© Jean-Loup Gautreau / AFP

La grève initiée mardi par les salariés de la Comédie-Française devait se poursuivre samedi, après de vaines discussions vendredi entre les syndicats et la direction, selon la CGT.

Le préavis de grève courait jusqu'au samedi 31 décembre à minuit.

Traditionnellement, les pièces sont jouées en alternance à la Comédie-Française, où le décor en place le jour du début de la grève était celui du "Jeu de l'amour et du hasard" de Marivaux. C'est donc la seule pièce qui a pu être jouée depuis le mardi 27 décembre.

Vendredi 30 après-midi, le spectacle prévu ("Le fil à la patte" de Feydeau) a été remplacé par une lecture des "Fables" de la Fontaine, ce qui devait encore être le cas samedi après-midi, à la place de "L'école des femmes" de Molière. Les spectateurs peuvent aussi se faire rembourser. "Le Jeu de l'amour et du hasard" a remplacé vendredi soir le spectacle prévu ("L'Ecole des femmes"). Pas de changement pour le soir du 31 décembre, où la pièce de Marivaux était au programme.

Une prime trop mal répartie, selon les personnels techniques
Les salariés (personnel technique, ouvriers de plateau...) réclament l'augmentation d'une prime, dont le montant total est, selon eux, partagé très inéquitablement avec les sociétaires de la Comédie-Française, a expliqué à l'AFP Claude Michel, secrétaire général adjoint de la CGT-spectacles.

Héritage d'une très vieille histoire, "les 37 sociétaires de la Comédie-Française touchent 76,5% du total des primes et les 360 salariés 16,5%." Autremement dit, "les sociétaires ont tout et les autres pas grand chose", déplore le syndicaliste. Les salariés demandent une part plus importante de cette prime alors que la direction, selon la CGT, se refuse à aller au-delà de 150 euros.

Un dialogue bloqué ?
Zouair Smaoui, délégué CGT à la Comédie française, a expliqué à l'AFP qu'il y avait eu rupture des négociations vendredi matin, suite à un incident entre un représentant de la direction et un syndicaliste. Il a ajouté que les syndicats avaient proposé un compromis, avec, plutôt qu'un mois supplémentaire de salaire, une prime uniforme de 1.600 euros pour tous les salariés "pour donner un coup de pouce aux bas salaires". Selon lui, la prime actuelle se chiffre en moyenne à 800 euros. "Ils nous ont dit qu'ils n'avaient pas les moyens de répondre à notre demande."

Il a précisé que les salaires n'avaient quasiment pas augmenté cette année, faisant part d"un vrai mécontentement" à la Comédie-Française. "Je doute fort qu'il y ait des négociations samedi (dernier jour de grève selon le préavis, ndlr), on va reprendre le travail le 1er janvier mais on va voir si des négociations vont s'ouvrir ou pas : s'il n'y en a pas, nos cinq jours de grève ne vont pas partir en fumée", a-t-il prévenu.

Le délégué CGT a affirmé que la direction remplaçait à l'accueil les grévistes (ouvriers de plateau, personnels d'accueil...), une situation que nombre d'entre eux n'admettaient pas.

Si effectivement il y a reprise du travail le 1er janvier, le programme normal devrait être présenté, avec en matinée "L'Ecole des femmes" et en soirée "Un fil à la patte", dont ce serait la dernière représentation.