Castellucci cible des catholiques intégristes, cette fois à Poitiers

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/11/2012 à 18H57
Une scène de la pièce

Une scène de la pièce

© Christophe Raynaud de Lage

Des catholiques intégristes ont manifesté en cette fin novembre 2012 contre la pièce "Sur le concept du visage du fils de Dieu" à Poitiers, comme ils le font partout où sont programmées des représentations de cette oeuvre de Roméo Castellucci. Pour la première fois, la préfecture a même interdit la présence d'enfants sur scène dans un tableau qui les voit jeter des fausses grenades sur la figure du Christ.

Il y a ceux qui voient dans la pièce "Sur le concept du visage du fils de Dieu" un blasphème et ceux qui comprennent que son propos illustre le symbole de la souffrance et de la compassion. Valeurs christiques s'il en est.

Manifestant partout où la pièce est à l'affiche, les catholiques intégristes réagissent exactement comme les musulmans intégristes dés que l'image de Mahomet ou d'Allah est représentée. Ils tentent d'imposer leur propre interprétation, attirant sur l'oeuvre qu'ils contestent l'attention d'un public qui, sans eux, l'aurait dans sa plus grande partie ignorée.

Face aux intégrismes, la réponse ne peut être que républicaine.Tout propos artistique est critiquable par nature, mais sa représentation est incontestable dans un pays où la liberté d'expression joue le rôle de pendant à la liberté de culte. Personne n'est obligé de suivre les préceptes d'une religion, personne n'est obligé de fréquenter les théâtres. La liberté ne consiste pas à ne rien interdire, elle consiste surtout à n'obliger à rien, hors les lois qui permettent la vie en société.

Il existe aussi en France la liberté de manifester, elle est concommitante à celle de s'exprimer. Les intégristes peuvent donc, à condition de le déclarer prioritairement en préfecture, occuper à genoux l'espace public et exprimer leur désaccord. A défaut, ne pas leur reconnaître ce droit reviendrait à justifier la pire parole de Maximilien Robespierre : "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté".