Avignon : au moins six spectacles sur treize annulés samedi

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 12/07/2014 à 12H58
Olivier Py en conférence de presse à Avignon (12 juillet 2014)

Olivier Py en conférence de presse à Avignon (12 juillet 2014)

© Photo Lorenzo Ciavarini Azzi /Culturebox

Six spectacles sur les treize prévus ce samedi à Avignon ont été annulés, en raison du mouvement des intermittents, a annoncé le directeur du festival Oliver Py, alors que la CGT Spectacle et la Coordination des intermittents ont appelé à une journée de grève.

Plusieurs milliers d'artistes et techniciens, à laquelle se sont joint les employeurs (Syndeac), ont manifesté samedi après-midi de la gare d'Avignon au Palais des Papes.

Outre les six annulations prévues, des doutes subsistent sur d'autres programmes. Olivier Py a annoncé le maintien de cinq spectacles mais ce maintien est de plus en plus incertain, les équipes décidant de la grève à l'arrivée sur le spectacle. Par exemple, "Le Prince de Hombourg", qui devait se tenir dans une forme allégée dans la Cour du Palais des Papes, pourrait ne pas se jouer, la moitié des tenchiciens ayant opté pour la grève.

Les perturbations dans la programmation ont engendré pour le moment 138.500 euros de pertes, a souligné Oliver Py. "Je ne pense pas que la grève soit une bonne stratégie, c'est plutôt une tragédie", a-t-il estimé.
Manifestation des intermittents du festival d'Avignon devant le Palais des Papes

Manifestation des intermittents du festival d'Avignon devant le Palais des Papes

© LCA/Culturebox
Le "Mahabharata" annulé

Parmi les spectacles emblématiques annulés figure le "Mahabharata" de Satoshi Miyagi. Les interprètes japonais "considérant que jouer est un acte  sacré ont décidé de donner des extraits devant le Petit Palais (près du Palais des Papes) gratuitement", a précisé Olivier Py.

Le personnel du festival d'Avignon, consulté vendredi, s'est prononcé à 65% en faveur  de la grève, mais la participation au scrutin n'a pas dépassé 46%, et c'est spectacle par spectacle que les salariés devaient se prononcer.
 
Off : une soixantaine de compagnies en grève

D'autres spectacles moins emblématiques pourraient être maintenus. La tendance des derniers jours était plutôt au débat et à l'action militante qu'à la grève dans les festivals.
 
Les troupes du Off d'Avignon, qui louent les  salles très cher, ne peuvent se permettre pour la plupart de faire grève. Un premier décompte de la Coordination des intermittents et précaires vendredi  soir faisait état d'une soixantaine de compagnies en grève pour samedi dans le  Off.

Un concert de casseroles organisé à Paris

A Paris, un concert de casseroles était organisé au Palais-Royal.
 
Aux Francofolies de La Rochelle, où leur présence est très discrète depuis l'ouverture jeudi, les intermittents défileront en silence sur le port à  18h00, puis prendront la parole avant le concert des Innocents.
 
Avignon est devenu pour le mouvement des intermittents le bastion de la lutte, d'autant que l'agitation s'est éteinte à Montpellier avec la fin du  Printemps des comédiens, où pratiquement aucun spectacle n'a pu jouer, et de Montpellier Danse.
 
La 34e édition de Montpellier Danse, qui s'est close le 9 juillet, a finalement pu donner 38 représentations sur 48, tandis que le petit festival Uzès Danse était annulé, et le Festival de Marseille très touché.
 
A Avignon, les intermittents distribuent le "carré rouge"
Le spectre d'une annulation en chaine des grands festivals, comme lors du  précédent grand conflit des intermittents en 2003, s'est éloigné avec le vote des personnels pour leur maintien, ponctué de journées d'actions.
 
Les intermittents, qui combattent la nouvelle convention chômage qui durcit leurs règles d'indemnisation, rivalisent d'imagination pour maintenir la mobilisation alors qu'une concertation s'est ouverte à Paris pour une "refonte" de leur régime jusqu'en décembre.
 
A Avignon, ils distribuent très largement le petit "carré rouge" de feutrine symbolisant leur lutte, et ils profitent de chaque spectacle pour expliquer leur combat au public.