Attentats : les théâtres privés réclament une aide exceptionnelle

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/01/2016 à 14H15
Le théâtre de la Porte Saint Martin © Chauveau/Sipa

Le théâtre privé a subi une baisse de 30% du nombre de ses spectateurs et de 28% de ses recettes entre les attentats du 13 novembre et la fin de l'année, par rapport aux sept dernières semaines de 2014, a indiqué mardi Bernard Murat, président du Syndicat national du théâtre privé.

Cette "forte chute" masque des "situations contrastées", a-t-il souligné lors de la présentation de la deuxième partie de saison du théâtre privé.

"Quelques succès disposaient de suffisamment de réservations pour être très peu ou pas affectés, parmi les spectacles qui connaissaient d'honnêtes fréquentations certains ont pu d'ores et déjà retrouver voire dépasser leur fréquentation d'avant les attentats, quand d'autres sont plus durablement atteints", a-t-il précisé. Certains spectacles ont dû "anticiper des arrêts".

Les théâtres souffrent aussi l'annulation des spectacles jeune public et de la baisse des locations de salles pour des événements privés, a ajouté le directeur du Théâtre Edouard VII.

"Cette conjoncture, très difficile, et l'impossibilité de prévoir l'échéance d'un retour à la normale posent la question des mesures d'urgence ou exceptionnelles sur lesquelles doit pouvoir compter le théâtre privé", souligne Bernard Murat.

"Nous revendiquons une aide globale au théâtre privé", a-t-il lancé, précisant avoir "alerté les tutelles" que sont le ministère de la Culture et la Ville de Paris.

Les théâtres privés peuvent compter depuis 1964 sur un "fonds de soutien", alimenté par une taxe sur la billetterie, qui compense les échecs éventuels des pièces.

Un fonds de soutien menacé d'asphyxie

Mais ce fonds est menacé "d'asphyxie, pris en tenaille entre le creusement des déficits qu'il doit couvrir par sa garantie quand dans le même temps les recettes qu'il tire de la taxe sur la billetterie vont immanquablement chuter", a-t-il expliqué.

Selon M. Murat, l'aide exceptionnelle dont a besoin le théâtre privé pourrait transiter par le "fonds d'urgence" mis en place par le ministère de la Culture et doté à hauteur de 4,5 millions d'euros. Mais "cela ne  suffira pas", a-t-il indiqué à l'AFP, sans citer de chiffre.

Une amélioration est selon lui perceptible depuis janvier: "On sent que le public revient". Toutefois, certains spectateurs ne se présentent pas, bien qu'ayant acheté leur billet. Ainsi, au théâtre Edouard VII, "environ 30 places achetées restent inoccupées tous les soirs", a-t-il constaté.