Alice...toujours au pays des merveilles

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/08/2009 à 09H45
Alice...toujours au pays des merveilles

Alice...toujours au pays des merveilles

© Culturebox

La Compagnie du Shaboté a donné trois représentations d' "Alice aux pays des merveilles" d'après l'oeuvre originale de Lewis Carroll, les vendredi 7, samedi 8 et dimanche 9 août 2009, au Théâtre de la Faisanderie à Chantilly dans l'Oise.

On sait presque tout d'Alice et de son pays des merveilles : son auteur, sa date d'écriture, sa source d'inspiration, le fil de ses diverses publications...et pourtant l'oeuvre de Lewis Carroll renferme un mystère que des centaines d'ouvrages ont tenté d'explorer pour expliquer son succès, sans jamais vraiment parvenir à éclairer tous ses côtés sombres. Le révérend Charles Lutwidge Dodgson, alias Lewis Caroll,  est un professeur de mathématiques du Christ Church College d'Oxford, qui se passionne très tôt pour la littérature. Le 4 juillet 1862, il embarque pour une promenade sur la rivière Isis avec son collègue Duckworth et les trois jeunes filles du doyen du College : Alice, Lorina et Edith Liddell. Alice n'a alors que 10 ans et le vieux professeur tente de la séduire en lui contant une histoire qu'il invente au fil de l'eau et qu'il lui livre par dessus son épaule, tout en ramant. De retour sur terre, Alice lui demande d'écrire son récit, ce qu'il fera sous le titre des "Aventures d'Alice sous terre". La seconde version "Les aventures d'Alice au pays des merveilles" ne paraîtra en librairie qu'en 1865. Cet ouvrage sera suivi sept ans plus tard, d'un second volet intitulé "De l'autre côté du miroir et ce qu'Alice y trouva" paru en 1872. Depuis cette époque, nombre de psychologues et de spécialistes ont tenté de donner une interprétation rationnelle à cet univers imaginaire où règnent en maîtres absolus : l'absurde, le bizarre et le non-sens. Pour le psychanalyste américain, John Skinner, deux traits caractéristiques de la famille Dodgson peuvent expliquer en partie cette oeuvre délirante. Lewis Carroll est né dans une famille de onze enfants, où tous étaient gauchers et bègues. La gaucherie serait à l'origine de son obsession du renversement, qu'il applique aussi bien à l'espace, qu'aux temps ou aux réalités. Quant au bégaiement, il pourrait expliquer ce vocabulaire particulier déclamé notamment par le personnage de Humpty-Dumpty et ses fameux mots-valises comme "flivoreux", un mélange de frivole et de malheureux. Elevé au sein d'un cocon familial protecteur, où tous possédaient les mêmes défauts, le jeune écrivain vécu très difficilement son passage en internat à la Rugby School où il subit diverses brimades et en conservera une défiance à l'égard de la société victorienne et de la norme. D'autres spécialistes ont vu dans Alice aux pays des Merveilles, une oeuvre littéraire faisant l'apologie des drogues, avec son lapin cocaïnoman, sa chenille adepte du narguilé, ses champignons aux vertus particulières...Mais à dire vrai, l'image de ce révérend qui fait poser nue une enfant de dix ans, et à qui, il offre un récit qui place la folie au dessus de la raison, aurait sans doute déjà suffit à ternir l'image de l'Angleterre victorienne, sans que l'on ajoute que l'auteur était aussi un adepte de substances psychotropes.        
            

Alice au pays des merveilles par différents auteurs et éditeurs.