20 ans de prison et toujours debout, Jean-Marc Mahy délivre sa parole sur scène

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/10/2016 à 17H37
Jean-Marc Mahy livre au théâtre sa vie en détention dans "Un Homme debout" 

Jean-Marc Mahy livre au théâtre sa vie en détention dans "Un Homme debout" 

© France 3 / Culturebox

Comment revivre après avoir passé près de 20 ans en prison ? Le Belge Jean-Marc Mahy a choisi l'écriture et le théâtre pour sensibiliser les jeunes aux risques de la violence. Invité à Grenoble par le collectif Villeneuve, il présente le 6 et 7 octobre sa pièce autobiographique "Un Homme debout". Une plongée au coeur de l'enfermement mais aussi un message d'espoir.

Le passé de Jean-Marc Mahy est plus noir que rose. Après avoir passé 19 ans en prison, un milieu fermé et violent où l'être humain perd toute dignité, il est aujourd'hui "Un Homme debout". 

Devenu éducateur, le belge livre un double combat. D'abord auprès des détenus pour montrer qu'une réinsertion est possible, ensuite auprès des jeunes pour tenter de convaincre les plus fragiles de ne pas prendre le mauvais chemin.

Aujourd'hui il va jusqu'au bout de la résilience en jouant avec le comédien Stéphane Pirard son roman autobiographique "Un Homme Debout". 

Reportage : D. Borrelly / F. Ebbhah / J. Picca

Son action est aujourd'hui reconnue d'utilité publique par le ministère de la culture belge, "Un homme debout" a été joué plus de 300 fois en Belgique, en France, en Angleterre.

Les jeunes ont le droit d'être en colère. La violence est le bruit d'une souffrance qui n'est pas entendue et quand on est en colère ça veut dire qu'on a envie d'être entendu et alors on peut mettre des mots et trouver une solution

A 17 ans tout bascule 

Dès sa jeunesse, Jean-Marc Mahy sombre dans l'impensable. Actes de délinquance, vol, crimes en tous genres, un jour, un braquage tourne mal. La violence l'emporte lors d'une situation mal maitrisée.

C'est à 14-15 ans que j'ai commencé à faire les mauvais choix. Je me suis laissé attirer comme une sangsue par des jeunes qui avaient un masque et qui me demandaient de ne pas jouer mon rôle. C'est là que j'ai basculé. 

Mahy2 © France 3 / Culturebox

 

C'est à Watterloo, en Belgique son pays d'origine, il a 17 ans, et cet acte irréversible porte un premier coup d'arrêt à sa vie de jeune homme. Il prend 18 ans de travaux forcés, supporte mal l'isolement et la violence du milieu carcéral et s'évade avec deux co-détenus. 

La dégringolade et la résilience 

La cavale de Jean-Marc Mahy tourne mal, reconnus par des gendarmes au Luxembourg, les trois évadés ripostent. Les balles partent dans un bain de sang et tuent un gendarme. Jean-Marc écope d'une peine de prison à perpétuité, il a 19 ans et s'enfonce encore plus dans la dépression. 
Jean Marc Mahy © France 3 / Culturebox

Je me suis rendu compte que je n'étais pas une victime de ma famille ni des mauvaises fréquentations. Même si chacun avait sa part de responsabilité, c'était mon choix à moi et malheureusement aujourd'hui il y deux personnes qui sont mortes.


En détention, il tente de se donner la mort à maintes reprises, "puis lentement, difficilement, il choisira la vie" et le témoignage, pour se reconstruire avec le souvenir pesant de ses deux victimes.

Ce qui m'a sauvé la vie, c'est l'art et la culture, heureusement que je savais lire et écrire

Dénoncer la violence de la prison 

Durant sa détention Jean-Marc passe trois années en isolement total au terrible bloc E de la prison de Schrassig, au Luxembourg, dont il dénoncera les conditions de détention inhumaines et dégradantes. Amnesty International prendra le relais de son combat; le bloc E sera finalement fermé. Son histoire raconte cette réalité du monde carcéral.
Extrait de la pièce "Un homme debout" de Jean-Marc Mahy

Extrait de la pièce "Un homme debout" de Jean-Marc Mahy

© France 3 / Culturebox

Invité par le collectif Villeneuve Debout, Jean-Marc Mahy présente cet  "Homme Debout" jeudi 6 et vendredi 7 octobre à l'Espace 600 à Grenoble