Jinks Kunst pose sa griffe street-art de Nantes au Népal

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/01/2016 à 17H07, publié le 11/01/2016 à 16H12
Le graffeur Jinks Kunst dans son atelier à la maison radieuse de Rezé (Loire-Atlantique)

Le graffeur Jinks Kunst dans son atelier à la maison radieuse de Rezé (Loire-Atlantique)

© France 3 / Culturebox

Le street artiste Jinks Kunst dissémine ses oeuves dans les villes du monde entier. Son terrain de prédilection, les panneaux de signalisation et les planches de skateboard. Spécialiste des détournements en tous genres, le Franco-Suisse était récemment au Népal dans le cadre d'ateliers bénévoles, prochaine étape les championnats de France de skate les 23 et 24 janvier 2016 à Nantes.

Un visage voilé qui se dévoile sur une planche de skate, un panneau sens interdit qui devient une baignoire, un central téléphonique sous les traits de Le Corbusier, le street artiste Jinks Kunst détourne avec humour le quotidien et laisse une trace parfois indélébile dans les lieux qu'il traverse. Rencontre à la Maison Radieuse de Rezé où il a posé son atelier depuis quelques années.

Reportage : E. Duplay / JP. Brénuchon / P. Coat

Niqab cache E.T. sur skate

Grand skater de 1986 à 1995, Jinks Kunst  utilise aujourd'hui ce support pour réaliser ses créations de street art. "Le skate est pour moi le meilleur sport du siècle dernier !", se souvient-il avec nostalgie rappelant que dans les années 1980/1990 les skates étaient de réels œuvres d'art. "Je regrette ce temps des boards de Ed Templeton, Steve Saiz, Powell Peralta, Jeremy Klein". 

Aujourd'hui ses skates se parent de niqab. Voile noir où les yeux des femmes et de personnalités cachées se dévoilent au pochoir. "Cette forme en long, qui fait comme une silhouette, il suffit de la peindre en noir, de lui rajouter des yeux, et c'est un niqab. Maintenant j'en fais avec des personnalités pour montrer, que même avec un niqab on reconnaît E.T.", explique l'artiste.
E.T. se cache sous un skate transformé en niqab

E.T. se cache sous un skate transformé en niqab

© France 3 / Culturebox

Le street art sur le toit du monde

De retour du Népal où il vient de réaliser une immense fresque en hommage à un enseignant qui a permis à 60 000 personnes d’avoir un réseau Wifi gratuitement dans les zones reculées de l'Himalaya, Jinks Kunst est encore sous le charme des rencontres :  "Ce qui m'a le plus marqué, c'est leurs remerciements quand je fais une peinture, et leurs applaudissements qui me rendent à chaque fois très mal à l'aise... j'ai l'impression d'être sur une scène, ça m'a fait très bizarre. Mais c'est un super bon souvenir pour moi", raconte l'artiste qui a également animé des ateliers avec les écoliers de la ville de Beni. 
Jinks Kunst au Népal

Jinks Kunst au Népal

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

Le Corbusier : un an de négociations

Installé depuis quelques années à Rezé dans la Maison Radieuse signée Le Corbusier, Jinks Kunst peaufine ses créations et ses nouveaux projets. Et dernièrement, celui qui lui a donné le plus de fil à retordre est justement le portrait du visage du célèbre architecte sur une armoire téléphonique. "Il a fallu demander aux architectes de France, à la ville, et à Orange... ça a été très compliqué. Un an pour avoir le droit de le faire, celui-là".
Face à face : Jinks Kunst devant le portrait de Le Corbusier

Face à face : Jinks Kunst devant le portrait de Le Corbusier

© France 3 / Culturebox

Jinks Kunst s'apprête à participer aux championnats de France de skate les 23 et 24 janvier à Nantes, pour une performance. A cette occasion, il récupérera les skates cassés ou abîmés et partira ensuite au Sénégal pour organiser des ateliers.