Mes goûts et mes couleurs : la maille technique et structurée d'Octavio Pizarro

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/02/2016 à 15H49, publié le 09/02/2016 à 15H43
Le créateur Octavio Pizarro

Le créateur Octavio Pizarro

© Isabel Ezaguirre, Estudio FE, Santiago de Chile, Chili

J'avais découvert le travail d'Octavio Pizarro à Designers Apartment, fin 2013. Début février 2016, il a reçu le Grand Prix 2015 de la Création de la ville de Paris. Rencontre avec un créateur qui mixe ses racines sud-américaines au style de la femme parisienne. L’utilisation de la maille -influencée par la géométrie, l'architecture, l'art cinétique ou l'art déco- est devenue sa signature.

Quelle est la pièce préférée de votre dernière collection ?

"C'est le poncho, la pièce qui m'a permis de remporter le Grand Prix de la Création de la ville de Paris. C'est un poncho-robe en patchwork de mailles, en différentes tonalités de noirs et de gris, 100% laine et angora. C'est un volume que je trouve moderne, qui peut se porter de différentes façons, avec ou sans ceinture. Ça donne la possibilité d'avoir des looks différents".
Le poncho patchwork d'Octavio Pizarro, sa pièce préférée

Le poncho patchwork d'Octavio Pizarro, sa pièce préférée

© Octavio Pizarro
Quel couturier vous a marqué au cours de votre carrière ?
"Plusieurs couturiers ont su marquer ma carrière, suivant les périodes de ma vie, de mon évolution et de ma maturité. Il y a toujours eu un fil conducteur entre tous ces couturiers : une femme forte avec une personnalité assumée. Lorsque j'ai commencé ma carrière, le travail d'Yves Saint Laurent m'a beaucoup inspiré : son élégance, sa représentation de la femme parisienne, le masculin/féminin. Ensuite, la construction du vêtement, les nouveaux volumes et ce côté néo-futuriste que l'on retrouve chez Montana et Thierry Mugler m'ont énormément touché. Actuellement, je dirais qu'Azzedine Alaïa fait parti de mes plus grandes inspirations ; c'est le maître du travail de la maille. Plus contemporain, la vision d'Alexander McQueen -ce qu'il a pu apporter à la mode du XXIe siècle et son côté obscur- se retrouve aussi dans mon travail sur le noir".
Azzedine Alaia lors de son expo "Azzedine Alaia's soft sculpture" à Rome, 2015

Azzedine Alaia lors de son expo "Azzedine Alaia's soft sculpture" à Rome, 2015

© GABRIEL BOUYS / AFP
Quel est le dernier livre lu ?
"Le dernier livre de photos que j'ai ressorti, il y a quelques jours, celui de l'exposition à Londres de David Bowie au Victoria and Albert Museum. Le jour de sa disparition j'ai eu tous les souvenirs de ce personnage androgyne, néo-dandy, d'une élégance unique qui m'a toujours touché".
Le livre de l'exposition à Londres de David Bowie au Victoria and Albert Museum.

Le livre de l'exposition à Londres de David Bowie au Victoria and Albert Museum.

© DR
Quelle est la dernière exposition vue ?
"L'exposition "Jacques Doucet - Yves Saint Laurent, Vivre pour l'art" à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent. J'ai pu rentrer dans l'univers de Saint Laurent, ce lieu mythique où se trouvait la maison de Couture avenue Marceau, découvrir ses goûts personnels, ces pièces formidables et toute son époque".
Grand Salon du 55 rue de Babylone, où vécut Yves Saint Laurent de 1970 à 2008 à découvrir dans le cadre de l'exposition "Jacques Doucet - Yves Saint Laurent. Vivre pour l'art" qui se tient jusqu'au 14 février 2016 à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent

Grand Salon du 55 rue de Babylone, où vécut Yves Saint Laurent de 1970 à 2008 à découvrir dans le cadre de l'exposition "Jacques Doucet - Yves Saint Laurent. Vivre pour l'art" qui se tient jusqu'au 14 février 2016 à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent

© Nicolas Mathéus
Quel est le dernier coup cœur musical ?
"Christine & the Queens, son dernier album "Chaleur Humaine" - et bien évidemment, la discographie de Michael Jackson, une grande source d'inspiration dans mes créations".
Christine and The Quens - Chaleur Humaine
Dans le cadre de sa politique de soutien à la création française, Paris décerne chaque année six Grands Prix de la Création, pour le design, les métiers d’art et la mode. Pour chaque discipline, le jury distingue, pour l’ensemble de leurs travaux, trois créateurs débutants (en activité depuis moins de 3 ans) et trois créateurs confirmés (en activité depuis plus de 3 ans et qui ont créé leur entreprise) travaillant en France. Ces prix sont décernés en partenariat avec la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin et sous l'égide des Ateliers de Paris

L’exposition Talents à suivre, 4e édition présentent les créations de ces lauréats, à découvrir jusqu'au 8 mars au 30, rue du Faubourg Saint-Antoine, 75012 Paris.

Que représente ce Grand Prix de la Création de la ville de Paris ?

"C'est une grande reconnaissance de toute mon évolution, du Chili jusqu'à aujourd'hui en France à Paris. Pour moi, c'est une page qui se ferme : l'inconnu, mon arrivé en France, l'envie de faire une carrière à Paris, d'essayer de créer un style, de me faire connaitre et de m'imposer. Être nommé créateur de l'année 2015 ouvre une seconde page : ce prix me donnera plus de notoriété et de crédibilité. Je vais pouvoir montrer aux acheteurs et aux journalistes une collection plus complète et je pourrais me positionner sur le marché" a précisé le créateur franco-chilien.
Octavio Pizarro - Grands Prix de la Création de la Ville de Paris 2015
Octavio Pizarro est né à Santiago du Chili. Il a étudié à l’Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne avant d’entrer en 1997 comme assistant à la maison Jean-Louis Scherrer. De 1998 à 2003, il est directeur artistique
de la maison Jacques Fath et développe les différentes collections ainsi qu’une nouvelle ligne d’accessoires. Pendant deux ans, il est, aussi, en charge de la collection prêt-à-porter de Guy Laroche. En 2005, il lance sa ligne d’accessoires et crée de luxueuses écharpes en Alpaga utilisant les techniques ancestrales des hauts plateaux andins. Sa première collection de prêt-à-porter nait en 2011, elle sera mise en scène à la galerie Joyce à Paris.
Poncho patchwork : les différents points de maille créent le relief et alternent laine et angora. La ceinture traitée en viscose, illustre une autre technique de maille

Poncho patchwork : les différents points de maille créent le relief et alternent laine et angora. La ceinture traitée en viscose, illustre une autre technique de maille

© Corinne Jeammet
L’utilisation de la maille travaillée à la main ou de façon industrielle est devenue au fil du temps la signature de la marque. Influencé par la géométrie, l’architecture, l’art cinétique ou l’art déco, Octavio Pizarro mixe ses racines sud-américaines et le style de la femme parisienne. Inspiré par cette double culture, il mélange les matières et les techniques pour donner corps à des pièces structurées et inattendues.
Biker peau lainée sur Top strech et jupe art déco et slim cuir strech. Le perfecto est en mouton retourné, la basque est amovible. Le top et la jupe illustrent différentes techniques de maille en relier

Biker peau lainée sur Top strech et jupe art déco et slim cuir strech. Le perfecto est en mouton retourné, la basque est amovible. Le top et la jupe illustrent différentes techniques de maille en relier

© Octavio Pizarro
Octavio Pizarro a récemment lancé sa boutique en ligne. Il a intégré au sein de son site institutionnel un showroom virtuel pour offrir de nouvelles expériences shopping à ses clientes tout en optimisant sa présence online au niveau international.