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"Des menaces sur l'exception culturelle" selon Aurélie Filippetti

Publié le 18/07/2012 à 18H46, mis à jour le 10/12/2012 à 15H16
Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication

Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication

© B.GUAY/AFP

La ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti, qui a confié officiellement mercredi une mission à Pierre Lescure sur l'adaptation des secteurs culturels au numérique estime que des "menaces" pèsent sur l'exception culturelle, dans un entretien à l'AFP.

L'exception culturelle est-elle en danger ?
Aujourd'hui, oui, il y a des menaces sur les mécanismes qui ont permis à la France de financer les différents secteurs de la culture depuis 30 ans : le livre, le cinéma, la musique et même la presse. Nous avons eu la chance de les accompagner pour en faire des piliers du développement économique de notre pays. C'est à la fois un succès artistique et économique.
       
Quel est le but de la mission confiée à Pierre Lescure ?
Le but, c'est de ne pas avoir une approche par filière ou par métier, comme ça a été trop souvent fait, mais bien de pouvoir envisager les choses en terme d'enjeux communs. Par exemple aujourd'hui au niveau de la Commission européenne, nous devons faire prévaloir notre vision qui est de considérer que la culture doit pouvoir bénéficier, non pas de mécanismes d'exception, mais de mécanismes spécifiques qui permettent le développement de la diversité culturelle. Appliquer les règles d'une concurrence au sens strict du terme
revient en fait à pénaliser la diversité de la création. 

Quels sujets seront abordés ?
L'idée, c'est que le périmètre des acteurs auditionnés soit le plus large possible. Toutes les questions qui ont trait aux contenus numériques et aux pratiques culturelles sont dans le champ de la mission: chronologie des médias, développement de l'offre légale, presse et audiovisuel.... Il faut redéfinir les instruments d'une politique culturelle numérique nationale et surtout dans un cadre européen.
       
Parmi ces instruments, il y a Hadopi, sur laquelle vous avez un jugement assez sévère. Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ?
Depuis sa mise en place, les agents d'Hadopi ont envoyé un peu plus d'un million de premiers avertissements, puis 100.000 deuxièmes avertissements. Il y a eu constitution de 300 dossiers après la constatation d'une deuxième récidive. Ca coûte quand même 12 millions d'euros, 60 agents travaillent, pour un résultat qui me semble au final bien mince. Dans un contexte budgétaire serré, il faut avoir un souci d'efficacité, de réconciliation entre les artistes et les publics, et trouver des solutions qui soient réelles et qui permettent vraiment de financer la création et non plus se payer de mots.

Pourquoi avoir choisi Pierre Lescure et comment va-t-il travailler ?
Pierre Lescure est un homme de culture. C'est un homme qui a eu, par son expérience, à connaître beaucoup de secteurs culturels et qui a toujours fait preuve d'une grande ouverture d'esprit et d'un sens aigu des évolutions nécessaires pour relever les défis de la modernité. Il aura un petit groupe de six ou sept personnes autour de lui : hauts fonctionnaires de la Cour des Comptes, de l'Inspection des Finances, représentants des ministères qui y seront associés. Le but, c'est que ce soit Pierre Lescure qui anime vraiment l'ensemble des auditions et des débats contradictoires qui auront lieu d'ici à la fin de l'année.
       
Que se passera-t-il après ?
Pierre Lescure rendra ses préconisations en mars. Le calendrier ensuite peut-être rapide. On le définira à la fin de l'année quand il y aura déjà des rapports d'étape.