Un docu événement ce soir sur France 2 : "Aung San Suu Kyi, un rêve birman"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 12/03/2013 à 10H57
Aung San Suu Kyi dans sa circonscription de Kamu

Aung San Suu Kyi dans sa circonscription de Kamu

© Manon Loizeau

Ce film est une immersion dans un pays en ébullition. Depuis l’euphorie de la libération d’Aung San Suu Kyi en 2010 jusqu’à son entrée au parlement deux ans plus tard, la journaliste Manon Loizeau raconte la longue marche vers la démocratie du peuple birman. A découvrir ce soir à partir de 22h40 sur France 2.

"Papillon de fer" ou "Mère du peuple birman" : les surnoms que l’histoire a donnés à Aung San Suu Kyi révèlent à la fois sa détermination, sa douceur et l’admiration qu’elle suscite, tant auprès de ses partisans que sur la scène internationale. Fille du général Aung San, haute figure de l’indépendance birmane assassinée dans des circonstances troubles, la Dame de Rangoon symbolise la résistance au pouvoir militaire en place depuis 1988.

Emprisonnée une première fois en 1990 suite à son succès aux élections générales, annulées dans la foulée par la junte, Aung San Suu Kyi aura ensuite passé plus de quinze ans assignée à résidence, attisant, malgré son impossibilité à exercer ses fonctions politiques, la ferveur de son peuple et bénéficiant d’un soutien international sans faille (un prix Nobel de la paix lui est attribué en 1991).
Des supporters d'Aung San Suu Kyi

Des supporters d'Aung San Suu Kyi

© Manon Loizeau
Signe d’assouplissement ou calcul politique, la junte militaire cède à la pression populaire et libère Aung San Suu Kyi le 13 novembre 2010. Des élections législatives partielles sont organisées un an et demi plus tard. Le rêve birman qu’incarne The Lady peut enfin commencer. Car il s’agit bien de cela, et seulement de cela : un commencement. Tout est encore à faire pour que le pays accède pleinement à la démocratie et se défasse du joug de la dictature. « Nous n’avons pas la culture de la négociation », résume poliment Aung San Suu Kyi dans l’interview exclusive qu’elle a accordée à la journaliste Manon Loizeau.

Paroles fragiles

Célèbre pour ses reportages à vif, comme au cœur de l’actualité tchétchène, russe ou syrienne, la reporter signe un documentaire dont la force est de filmer ce rêve birman au présent. En suivant la campagne des élections législatives partielles de 2012, elle s’immisce pendant plusieurs mois dans un pays en ébullition, depuis l’euphorie de la candidature d’Aung San Suu Kyi jusqu’à son entrée au parlement le 2 mai 2012.
Des Militants LND sur la route

Des Militants LND sur la route

© Manon Loizeau
L’expérience concrète de la démocratie s’avère délicate, amère, difficile, face à la réalité du pouvoir de l’ancienne junte. Sur les 435 sièges de la chambre, le parti de l’icône birmane, la LND (Ligue nationale pour la démocratie), n’en compte encore que quarante-trois. Quarante-trois nouveaux députés qui, pour l’essentiel, étaient encore prisonniers politiques deux ans auparavant. En recueillant leur témoignage et en filmant leur démarche actuelle, Manon Loizeau traverse le pays et révèle les traces encore présentes de la dictature (expropriations sauvages, exactions, manifestations réprimées). Ce faisant, elle enregistre et dévoile une parole fragile qui se libère enfin d’un long silence. La voix des sans voix.