Harlan Coben se prend au jeu des séries télévisées, sans lâcher les romans

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/04/2016 à 17H51
Harlan Coben à Paris, le 16 avril 2016

Harlan Coben à Paris, le 16 avril 2016

© Alain Jocard / AFP

Harlan Coben s'est "pris de passion" pour le métier de scénariste de série avec "The Five", présentée au Festival Séries Mania à Paris et bientôt sur Canal+. L’auteur américain de thrillers à succès compte désormais "mener cette aventure de front" avec son activité de romancier.

Harlan Coben, 54 ans, a vendu quelque 70 millions de ses  romans dans le monde, dont un adapté au cinéma en 2006 par Guillaume Canet, "Ne  le dis à personne". C'est le  producteur français Sydney Gallonde qui lui a  proposé de s'aventurer à la télévision avec l’adaptation de son roman "Une  Chance de trop" avec Alexandra Lamy, diffusée sur TF1 l'an dernier.
 
Le maître du suspense s'est si bien pris au jeu qu'une "nouvelle carrière s'ouvre" désormais devant lui, déclare-t-il à l'AFP, au festival Séries Mania à  Paris où il présente le thriller policier "The Five". Actuellement diffusée sur Sky One, cette série britannique en 10 épisodes  sur cinq adolescents dont l'un disparaît, arrive à partir du 28 avril sur  Canal+.
"The Five", une série de Harlan Coben : la bande-annonce en anglais


Travailler sans l’ingérence d’un studio

La productrice de la série anglaise de "Happy Valley", Nicola Shindler,  l'avait sollicité pour adapter un de ses livres. "Je lui ai parlé de cette histoire de cinq gamins qui me trottait dans la  tête depuis quelque temps... pour un roman", raconte-t-il. "La narration à  plusieurs voix dans un roman est difficile à équilibrer et, fort de mon  expérience en France, je lui ai proposé d'en faire directement une série".
 
En outre, le romancier s'est dit que ce partenariat au Royaume-Uni permettrait sans doute de "travailler sans l'ingérence d'un studio", comme  c'est le cas aux Etats-Unis.
 
Sky One et Studio Canal partageaient sa vision de la série, note-t-il,  comme TF1 avec qui il avait été "très clair" : "Si voulez faire un programme  très TF1, serrons-nous la main et séparons nous ici." Le partenariat s'est  révélé de qualité, souligne-t-il.

Chef d’orchestre d’une série

Avec plusieurs nouveaux projets signés, l'auteur se sent désormais dans la  peau d'un "showrunner", le chef d'orchestre d'une série.  "Je vais essayer de mener les deux carrières de front autant que possible",  explique-t-il, avant de faire remarquer qu'il a écrit parallèlement à ces  séries deux romans : "Fool Me Once", son 28e opus, sorti fin mars aux  Etats-Unis, et un autre en passe d'être terminé qui signe le retour de son  héros Myron Bolitar après cinq ans d'absence. La traduction de son roman "Stranger" sortira par ailleurs prochainement en  France.
 
"Je reste romancier", assure-t-il, "mais dès que je sentirai qu'une de ces deux activités en pâtit, je me consacrerai alors, le temps qu'il faudra, à ce qui fonctionne le mieux, à ce qu'il me plaira de faire".
A présent, Harlan Coben prépare pour TF1 une autre série intitulée "Juste un regard",  également adaptée d'un de ses romans. "Cette série en six épisodes aura un casting totalement différent",  annonce-t-il, "toujours avec mon producteur français Sydney Gallonde" et  "certains des mêmes scénaristes".

Le romancier a créé une société de production

Le romancier a même créé une société de production avec Nicola Shindler  baptisée "Final Twist Productions" pour un projet de série adapté de son roman  "Six Years" pour les Etats-Unis, que Studio Canal distribuera.
 
Le travail d'écriture d'une série et d'un roman diffère à bien des égards,  note-t-il. "En tant que romancier, je suis auteur, réalisateur, directeur,  vedette, éclairagiste, je monte les décors, je fais tout. Personne n'interfère.  Mais quand on est resté assis tout seul pour écrire 28 romans, faire équipe, c’est  génial !", explique-t-il en riant.
 
"La série, c'est justement le temps gratifiant de la collaboration, de la  présence, l'échange avec d'autres auteurs. Mais je n'abandonne pas les livres !"